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Obama acceptera-t-il l'Iran comme acteur régional ?

  •    Téhéran et Washington ont des intérêts à travers tout le Moyen-Orient, jusqu’en Afghanistan, et une baisse des tensions entre les deux pays peut contribuer à y ramener le calme, selon eux.
  •    Mohammad Saleh Sadeghian, qui dirige le Centre des études arabo-iraniennes à Téhéran, relève que l’Iran et les Etats-Unis se surveillent actuellement.
  •    "Les Iraniens surveillent les gestes concrets des Américains et les Etats-Unis, en particulier M. Obama, attendent que l’Iran les aide à adopter la bonne position sur le programme nucléaire de Téhéran et le rôle de l’Iran concernant le Hezbollah (libanais) et le Hamas" palestinien, affirme-t-il.
  •    Les Etats-Unis accusent Téhéran d’armer et de financer ces mouvements islamistes ainsi que les combattants chiites en Irak hostiles aux Etats-Unis. Téhéran reconnaît soutenir moralement le Hezbollah et financièrement le Hamas, mais nie toute aide militaire.
  •    Lundi, M. Obama a tendu la main à Téhéran, alors que jusque-là son prédécesseur refusait tout dialogue avec la République islamique sans suspension de son programme d’enrichissement d’uranium.
  •    "Si des pays comme l’Iran sont prêts à desserrer le poing, ils trouveront une main tendue de notre part", a-t-il dit dans un entretien accordé à la chaîne satellitaire al-Arabiya.
  •    Il a jugé "important que nous soyons prêts à parler à l’Iran, pour dire très clairement où sont nos divergences, mais aussi où se trouvent les possibilités de progrès".
  •    Mercredi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré qu’il accueillait favorablement l’offre d’Obama si elle contenait "des changements réels", tout en lui demandant de présenter des "excuses" pour les "crimes" commis par les Etats-Unis contre l’Iran depuis 60 ans.
  •    Mais la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran devrait rester orientée par la position de Téhéran sur son programme nucléaire.
  •    La nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice a promis un soutien "direct" à l’Iran s’il suspend ce programme.
  •    Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l’Allemagne se sont engagés à fournir une large coopération à l’Iran dans ce but.
  •    Téhéran a toujours refusé cette offre, affirmant que son programme était purement civil.
  •    Pour l’analyste Frédéric Tellier, de l’International Crisis Group (ICG), la politique d’Obama doit reconnaître le rôle régional de l’Iran.
  •    "Les responsables iraniens attendent un dialogue étendu et d’égal à égal avec Washington", a-t-il affirmé à l’AFP.
  •    "Cela demandera une vision stratégique acceptant l’Iran comme un acteur-clé au Moyen-Orient", a-t-il déclaré.
  •    Le chef d’état-major interarmées américain Michael Mullen s’est en outre prononcé mardi en faveur d’une "approche régionale" de la question afghane, incluant l’Iran voisin.
  •    M. Tellier a également mis en garde contre une stratégie dépendant de la présidentielle de juin en Iran.
  •    "Une telle approche pousserait le régime à dénoncer l’ingérence américaine", estime-t-il, ajoutant que de surcroît "l’ayatollah Ali Khamenei est en charge des questions stratégiques et non Mahmoud Ahmadinejad".
  •    Le sociologue Hamid Reza Jalaïpour a souligné qu’il revenait aussi à Téhéran de saisir l’occasion. Sinon Barack "Obama cherchera à obtenir le soutien de l’Europe, de l’ONU et des Arabes pour faire pression sur l’Iran".
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  • Ennaharonline/ AFP

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