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Obama, l'armée et les homosexuels

  •    "Les critères-clés pour servir dans les forces armées devraient être le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de s’engager. La discrimination devrait être interdite", peut-on lire sur le site du président élu américain, qui s’est engagé à réformer la législation.
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  •    Peu après son investiture en 1993, le président Clinton avait ordonné au Pentagone de mettre fin à la discrimination basée sur l’orientation sexuelle lors du recrutement militaire. L’initiative avait été très mal accueillie par l’état-major, l’opposition républicaine et une vaste partie de l’opinion publique américaine.
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  •    Une loi de compromis, "Don’t ask, don’t tell" ("Ne rien demander, ne rien dire"), fut finalement adoptée, permettant aux gays et lesbiennes d’intégrer les forces armées à condition de taire leur orientation sexuelle.
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  •    Depuis, 12.500 soldats ont été renvoyés pour avoir évoqué leur homosexualité ou après avoir été dénoncés, dont 800 assumant des fonctions cruciales — arabophones, personnel médical, pilotes ou agents du renseignement, selon le Réseau de défense juridique des militaires, association qui milite pour la levée de l’interdiction.
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  •    Mais les mentalités ont changé et l’heure du "coming out" a sonné, assurent les partisans de la réforme.
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  •    Signe des temps qui changent, une centaine de généraux et d’amiraux à la retraite ont lancé un appel collectif à l’abolition du "Don’t ask, don’t tell".
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  •    "Comme c’est le cas en Grande-Bretagne, en Israël et dans d’autres nations autorisant les gays et lesbiennes à servir ouvertement, nos militaires sont des professionnels capables de travailler ensemble malgré les différences de race, de sexe, de religion et de sexualité", soulignent les signataires.
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  •    "La façon d’aborder cette question a profondément évolué, en particulier à la lumière de nos besoins en matière de sécurité nationale", alors que les Etats-Unis mènent deux guerres de front en Irak et en Afghanistan, souligne dans un courrier électronique à l’AFP la parlementaire démocrate Ellen Tauscher, qui défend une proposition de loi anti-discrimination dans l’armée, soutenue par 148 Représentants.
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  •    "Nous ne devrions pas écarter des forces armées des personnes capables", assure Mme Tauscher, en rappelant que "selon de récents sondages, 75% des Américains pensent que les hommes et les femmes homosexuels devraient pouvoir servir ouvertement".
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  •    La communauté militaire, traditionnellement conservatrice, pourrait malgré tout faire de la résistance.
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  •    D’après une enquête réalisée début décembre par le groupe de presse américain Military Times auprès de quelque 2.000 lecteurs militaires d’active, la majorité d’entre eux (58%) se déclarent opposés à l’ouverture de l’armée américaine aux homosexuels. Seuls 29% s’y disent favorables.
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  •    "Il y a toujours des gens qui préféreront le statu quo. Mais l’arrêt de la ségrégation dans l’armée (en 1948) n’a pas conduit à des départs massifs de l’armée", rétorque Aubrey Sarvis, directeur du Réseau de défense juridique des militaires.
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  •    Mais la fin de la discrimination envers les homosexuels dans l’armée exigera un soutien sans faille de Barack Obama, prévient-il.
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  •    "Je sais que ce n’est pas la première priorité, c’est naturellement l’économie", mais "nous avons besoin de signes plus concrets d’encouragement de la part de la nouvelle administration".
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  •    "Je prends le président élu au mot", conclut-il, en pronostiquant le passage d’une nouvelle loi "fin 2009 ou en 2010".
  •  Ennahar/ AFP
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