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Otages d'Arlit: d'abord, trouver les bons intermédiaires

  •    Dans son communiqué de revendication, le porte-parole d’Aqmi a dit mardi: "Nous informons le gouvernement français que les moujahidine vont lui transmettre ultérieurement leurs demandes légitimes".
  •    Pour exiger des "preuves de vie", éventuellement prévoir le versement de sommes d’argent et discuter les exigences des ravisseurs, il faut commencer par ouvrir les bons canaux de communication, disent d’anciens responsables français.
  •    Ainsi, selon Frédéric Gallois, qui a commandé l’unité d’élite de la gendarmerie française (GIGN) de 2002 à 2007, "dans ce cas, c’est la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) qui va intervenir (…) Il est très rare que les négociations se déroulent directement avec le groupe qui détient des otages. Et la première phase, c’est de valider la crédibilité et la  légitimité des intermédiaires".
  •    Un ancien spécialiste français de ce genre de dossier, qui demande à rester anonyme, ajoute: "Sur cent intermédiaires qui se présentent, il y en a 98 qui ne passent pas la barre. Mais si on a bien fait notre travail, on a une liste d’intermédiaires fiables, qu’on a déjà éprouvés sur d’autres dossiers, dont on sait qu’ils ont vraiment le contact".
  •    "Bien souvent, cela passe par les services étrangers de la zone, amis ou alliés", ajoute-t-il.
  •    "Sur cette affaire, je pense qu’on sollicitera nos amis libyens d’un côté, nos amis algériens d’un autre… pour autant que la situation ne soit pas trop compliquée avec eux (les Algériens, Ndlr). Et aujourd’hui, je pense qu’elle l’est beaucoup", dit-il.
  •    Installés dans certains coins du Sahel depuis longtemps, les hommes d’Aqmi ont noué au fil des ans des relations de famille, d’affaires ou de sécurité avec des chefs tribaux, des responsables de services secrets ou de réseaux mafieux (qui sont parfois les mêmes personnes) dans leurs régions.
  •    Dans le cas du chef d’Aqmi, Habdelhamid Abou Zeid, qui a revendiqué les rapts d’Arlit, "ce sont apparemment les Maliens qui le connaissent le mieux" assure le journaliste mauritanien Isselmou Ould Moustapha, spécialiste du jihadisme à Nouakchott.
  •    "Il y a dans les services et l’armée malienne d’anciens rebelles touareg, qui ont des relations avec lui depuis des années", ajoute-t-il.
  •    "Dans ce dossier, la France va devoir passer par les Maliens parce que ce sont eux qui ont négocié avec Abou Zeid pour (l’ex-otage français Pierre) Camatte", libéré en février.
  •    "Il y a des gens qui doivent avoir des relations de confiance avec lui, puisque ça a marché. Cela va commencer par la demande d’une preuve de vie, c’est à dire une vidéo, pour laquelle il faudra évidemment payer", commente le journaliste.
  •    Même si la ligne officielle est de nier le moindre versement d’argent ou de rançon, les intermédiaires "sont rarement des gens désintéressés", sourit le même spécialiste français.
  •    "Ils ont de gros frais… Cela dit, pas tous. Il y en a qui voient à plus longue échéance, pour qui leurs services sont une espèce de placement pour l’avenir".
  •    "Avec ces otages d’Arlit, j’ai peur que cela ne soit long", ajoute-t-il: "Ils vont faire monter les enchères: ces otages sont des gens bien intégrés dans la société. On va bientôt avoir les manifs, les portraits, les comités de soutien. Tout ça, ça fait monter la sauce".
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  • Ennaharonline

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