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Pakistan: 17 morts dans des attentats à quatre jours des élections

Une série d’attentat contre  des partis politiques a fait au moins 17 morts et des dizaines de blessés mardi  dans le nord-ouest du Pakistan à quatre jours d’élections législatives  cruciales pour la consolidation de la démocratie dans ce pays.    Un premier attentat est survenu à Hangu, ville de la province  septentrionale du Khyber Pakhtunkhwa dont Peshawar est la capitale, contre un  candidat local de la Jamaat-e-Ulema-e-Islam de Fazlur Rehman (JUI-F), un parti  déjà endeuillé par une attaque des talibans ayant fait 23 morts la veille.    Un kamikaze s’est fait exploser au moment où Mufti Syed Janan, candidat de  la JUI-F à l’assemblée provinciale, retournait à sa voiture après avoir  rencontré des commerçants dans un bazar local, ont indiqué des sources  sécuritaires.    "Je retournais à ma voiture lorsque le kamikaze s’est fait exploser", a dit  M. Janan, blessé à la tête et à l’épaule. "Je suis sain et sauf, mais mes deux  gardes du corps ont été grièvement blessés", a-t-il ajouté lors d’un entretien  téléphonique à l’AFP.    "Il y a eu au moins 12 morts et plus de 40 blessés à Hangu", a dit à l’AFP  Musarrat Qadeem, le ministre intérimaire de l’Information de cette province,  révisant à la hausse un précédent bilan faisant état de neuf morts.    En fin de journée, l’explosion d’une bombe au passage du convoi du frère de  Zamin Khan, candidat à l’assemblée provinciale du Khyber Pakhtunkhwa sous la  bannière du Parti du peuple pakistanais (PPP, au pouvoir), a fait au moins cinq  morts dans le district de Lower Dir, selon les autorités locales.    "La bombe a été activée à distance. Elle a explosé alors que le frère de  Zamin Khan, Zahir, faisait campagne. Cinq personnes ont été tuées dont Zahir",  a dit à l’AFP un responsable de la police locale, Mehtab Khan.    Au moins 109 personnes ont été tuées depuis le 11 avril, dont 40 au cours  des deux derniers jours, dans des attentats liés à la campagne en vue des  élections législatives nationales et provinciales de samedi au Pakistan, selon  un bilan établi par l’AFP.    Ces violences ne remettent pas en cause la tenue de ce scrutin clé, car le  premier marquant une transition entre un gouvernement civil ayant achevé son  mandat de cinq ans et un autre issu des urnes, pour la consolidation de la  démocratie dans ce pays coutumier des coups d’Etat.    Les talibans pakistanais du TTP, un groupe islamiste armé hostile à la  tenue de ces élections jugées "non islamiques", ont revendiqué une grande  partie des attentats pendant la campagne incluant celui de lundi contre un  candidat local de la JUI-F, Munir Khan Orakzaï.    Les talibans ont affirmé avoir ciblé le candidat et non ce parti qui fait  le grand écart car à la fois membre de la coalition sortante à Islamabad,  majoritairement laïque, et proche des insurgés.    Ces attaques ont limité la capacité de plusieurs partis, en premier lieu  les laïcs, de faire campagne sur le terrain et pourraient aussi avoir un impact  sur la participation lors de ce scrutin dans le seul pays musulman doté de  l’arme nucléaire.    Plus de 600.000 membres des forces de sécurité, dont au moins 50.000  soldats, seront déployés autour des bureaux de vote pour assurer le bon  déroulement du scrutin, a annoncé la commission électorale pakistanaise.    Le chef de la puissante armée, le général Ashfaq Kayani, a réitéré le  soutien des militaires à cette élection dont le but, selon lui, est de  renforcer l’état de droit et d’en finir avec l’alternance "entre la démocratie  et la dictature". 
 

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