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Paris et Alger liés dans la lutte contre Aqmi au-delà des divergences

  •    "Nous avons une coopération en matière de renseignement avec nos amis algériens" qui sont "extrêmement mobilisés dans la lutte contre le terrorisme", a déclaré jeudi le ministre français de la Défense Hervé Morin.
  •    Une semaine après l’enlèvement revendiqué par Aqmi de sept personnes dont cinq Français au Niger, la France tient à montrer à quel point elle considère l’Algérie comme un acteur incontournable.
  •    Après des mois de tensions, les relations entre les deux pays se sont décrispées. "On en est à une relation stabilisée (…): cela ne se détériore plus mais il reste des obstacles", explique à l’AFP le président de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale Axel Poniatowski.
  •    L’Algérie n’a toujours pas digéré d’être inscrite par la France sur la liste des pays à risqupour les transports aériens ou l’appui de Paris à un plan d’autonomie marocain au Sahara occidental. La France accuse toujours Alger de protectionnisme suite à des mesures pénalisant ses entreprises.
  •    En revanche, plusieurs dossiers se sont dénoués, dont celui d’un diplomate algérien récemment blanchi par la justice française à la grande satisfaction d’Alger.
  •    Mais même au plus fort de la crise, la coopération dans la lutte antiterroriste ne s’est jamais interrompue, indiquent responsables et experts.
  •    "Ce qui est très réel, c’est qu’il existe un véritable intérêt commun à coopérer activement dans la lutte anti-Aqmi", dit M. Poniatowski.
  •    Aqmi est né d’une allégeance à Al-Qaïda en 2006 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) issu du Groupe islamique armé (GIA) qui, dans les années 90, avaient ensanglanté l’Algérie et orchestré des attentats en France.
  •    "L’Algérie est un acteur fondamental. Son atout c’est d’avoir Aqmi chez elle. Dans la région, c’est le pays le plus puissant, le plus riche, le plus grand", dit Jean-François Daguzan de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
  •    "Le régime algérien a longtemps infiltré ces groupes, il a les moyens d’agir, l’envergure diplomatique et l’expérience militaire", confirme Kader Abderrahim de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).
  •    En outre, "les Algériens n’ont pas attendu les enlèvements dans le Sahel pour agir sur leur flanc sud", souligne le chercheur rappelant qu’Alger avait "été un intermédiaire important sur la question des Touareg", nomades qui sillonnent la vaste bande sahélo-saharienne où opère Aqmi.
  •    Pour sa part, "la France a des dispositifs déployés dans les pays du Sahel, notamment en Mauritanie: elle a des moyens qu’elle peut échanger avec l’Algérie", explique M. Poniatowski.
  •    Cette coopération est aussi pour le président Abdelaziz Bouteflika le moyen de voir reconnu son "rôle de leader régional", résume Khadija Mohsen-Finan de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  •    Alger a créé en avril un poste de commandement à Tamanrasset (sud) pour coordonner les activités de son armée avec celles de la Mauritanie, du Mali et du Niger. Et en dépit de rivalités entre ces pays, une réunion ministérielle y a eu lieu cet été.
  •    Pour autant le jeu d’Alger reste trouble, selon les experts interrogés.
  •    La transmission récente d’un renseignement sur une "menace imminente" d’attentat sur le territoire français est "peut-être pour l’Algérie une manière de faire appuyer sa lutte contre Aqmi", observe Mme Mohsen-Finan.
  •    Dans le même temps, l’Algérie qui cherche des soutiens pour éliminer toute menace islamiste contre son régime, n’est pas prête à toutes les concessions. "Elle ne veut pas voir de forces armées sur son territoire. Il y a un problème de souveraineté exacerbée qui fait qu’à un moment, ça bloque", dit M. Daguzan.
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  • Ennaharonline
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