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Poursuite des troubles en Libye, manifestations dans la péninsule arabique

  •    La contestation prenait même de l’ampleur dans le petit royaume pétrolier de Bahreïn, stratégique pour la Ve Flotte américaine qui y a son quartier général, avec une manifestation massive pour réclamer la chute du gouvernement dans la capitale Manama, l’opposition réitérant son exigence d’une monarchie constitutionnelle.
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  •    Plus au sud, au Yémen, de brefs accrochages ont opposé des manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans dans ce pays pauvre, à des partisans du régime, faisant cinq blessés.
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  •    En Algérie, le Conseil des ministres a annoncé la levée "imminente" de l’état d’urgence instauré en février 1992 pour lutter contre la guérilla islamiste.
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  •    Mouammar Kadhafi a assuré dans une allocution télévisée qu’il resterait en Libye en tant que "chef de la révolution", promettant qu’il se "battrait jusqu’à la dernière goutte de (son) sang" et menaçant les manifestants armés de se voir infliger "la peine de mort".
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  •    Drapé dans une tunique marron, il a appelé l’armée et la police à reprendre la situation en mains à la suite du soulèvement qui a fait, selon les ONG, des centaines de morts.
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  •    "Mouammar Kadhafi n’a pas de poste officiel pour qu’il en démissionne. Mouammar Kadhafi est le chef de la révolution, synonyme de sacrifices jusqu’à la fin des jours", a-t-il affirmé, dans un discours enflammé, en parlant de lui à la troisième personne.
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  •    Le colonel Kadhafi est arrivé au pouvoir après avoir renversé le 1er septembre 1969 le roi Idriss.
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  •    C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à New York pour discuter de la situation en Libye, l’ambassadeur d’Allemagne Peter Wittig exhortant à une action "rapide et claire".
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  •    L’armée a bombardé des dépôts d’armes situés loin des zones urbaines, a déclaré lundi Seïf Al-Islam, un des fils du numéro un libyen, tandis qu’à New Delhi, l’ambassadeur démissionnaire de Libye expliquait qu’il avait fait défection après que le régime eut commencé à "utiliser des avions pour bombarder des civils qui manifestaient pacifiquement".
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  •    Les pilotes de chasse libyens ayant fait défection à bord de leurs Mirage F1 qui ont atterri lundi à Malte ont dit avoir refusé de tirer sur les manifestants à Benghazi, deuxième ville du pays et centre de la révolte depuis le 15 février.
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  •    Des habitants de Fachloum et de Tajoura, quartiers de la banlieue de Tripoli, ont fait état lundi soir de véritables "massacres".
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  •    Selon des témoignages recueillis au téléphone par l’AFP, les combats ont toutefois cessé mardi à Benghazi.
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  •    La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a averti les autorités libyennes que "les attaques systématiques contre la population civile pourraient être assimilées à des crimes contre l’humanité".
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  •    Le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG : Bahreïn, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) Abdel Rahman Attiya, a même appelé à "une action arabe, islamique et internationale pour soutenir le peuple libyen qui fait face à un véritable génocide".
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  •    Dans l’est de la péninsule arabique, à Bahreïn, une vaste manifestation antigouvernementale s’est déroulée mardi à Manama, en dépit des tentatives de conciliation du régime.
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  •    Une large avenue conduisant à la place de la Perle, centre de la contestation entamée le 14 février, s’est emplie de protestataires sur trois kilomètres, à l’appel de l’opposition dominée par les chiites.
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  •    La foule, évaluée à plusieurs dizaines de milliers de personnes, a scandé des slogans en faveur de l’éviction des Al-Khalifa, dynastie sunnite au pouvoir depuis plus de 200 ans à Bahreïn, dont la population de plus d’un million d’habitants est majoritairement chiite.
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  •    Son roi, Hamad ben Issa Al-Khalifa, était attendu vendredi en Arabie saoudite, le jour même du retour dans ce pays, après trois mois d’absence, du roi Abdallah. Depuis le début des troubles, Ryad a apporté un soutien sans faille à son voisin.
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  •    Au Yémen, environ 4.000 manifestants, qui campaient sur une place de Sanaa devant l’Université, ont tenté de s’approcher d’une autre place distante de quelques centaines de mètres où étaient rassemblés des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir).
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  •    Ces derniers ont alors attaqué les manifestants, des étudiants pour la plupart, à coups de matraque et de poignard, avant que la police n’intervienne pour disperser les deux parties. Bilan : cinq blessés.
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  •    Au Kurdistan irakien, les manifestants dénonçant la corruption et le mode de gouvernance des deux grands partis se sont rassemblés pour la cinquième journée à Souleimaniyeh, la seconde ville de cette région autonome. Ils étaient près de 4.000 mardi.
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  •    Lundi soir au Maroc, la police avait dispersé avec fermeté un petit groupe de manifestants qui voulait organiser un sit-in à Rabat. Une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées au lendemain de manifestations dans de nombreuses cités pour réclamer des réformes politiques.
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  •    Conséquence de la situation, notamment en Libye – 4e producteur de pétrole en Afrique -, vers 17H00 GMT, le prix du baril de pétrole s’envolait à 91,85 dollars à New York. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord avait atteint 108,57 dollars, du jamais vu depuis septembre 2008.
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  •    Les mouvements de contestation dans le monde arabe provoquent une "grande inquiétude" chez les dirigeants du Golfe, qui ont "en même temps le souci d’avancer de façon positive", a jugé le plus haut gradé de l’armée américaine, l’amiral Mike Mullen, principal conseiller militaire du président Barack Obama, à l’issue d’entretiens avec des responsables du Qatar et des Emirats.
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  •    Les troubles dans plusieurs pays arabes risquent de se solder par l’arrivée au pouvoir de "fanatiques" et de provoquer la désintégration de certains de ces Etats "en petits morceaux", a, de son côté, mis en garde le président russe Dmitri Medvedev.
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  • Ennaharonline/ Reuters

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