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Présidentielle: les finances manquent aux adversaires de Bouteflika

  • Ces adversaires du président sortant, candidat à un troisième mandat, font tout pour se faire entendre des électeurs dès le début de cette campagne électorale entamée le 19 mars, mais dénoncent déjà la faiblesse de leurs moyens financiers, principalement ceux ne pouvant se prévaloir du soutien actif d’un parti pérenne. L’Etat alloue à chaque candidat 15 millions de dinars (150.000 euros) pour sa campagne, "une somme très insuffisante pour couvrir les frais: réunions publiques, affiches, mise à jour du site Internet", dit à l’AFP Souad Layadi, de la cellule de communication de Mohamed Saïd, candidat du Parti liberté et justice (PJL, non agréé). Faute d’argent, il a dû réduire le nombre de ses meetings de 32 à 20 et son "appel aux citoyens" pour récolter des fonds s’est révélé décevant. "Les déplacements se font en voiture, très rarement en avion", précise Souad Layadi. Louisa Hanoune, connue des électeurs devant qui elle se présente pour la deuxième fois à une présidentielle au nom du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), a fait éditer son programme à 2,5 millions d’exemplaires, tirer des affiches et multiplie les réunions publiques, ce qui "exige beaucoup de moyens financiers", dit son chargé de communication. L’aide de l’Etat "est insuffisante et nous faisons le strict nécessaire mais il y a des dépenses incompressibles", ajoute-t-il en disant compter sur la télévision et les radios publiques pour diffuser les idées du PT dans les créneaux horaires attribués à la candidate. Se prévalant d’un certain succès aux élections locales de 2007 à l’issue desquelles il se proclamait troisième force politique du pays, le Front national algérien du candidat Moussa Touati a organisé une caravane qui visitera 40 wilayas (départements) pour "un travail de proximité", selon un de ses responsables, alors que le candidat participe jusqu’à 4 meetings par jour. "Mais nous manquons de moyens financiers, l’aide de l’Etat ne nous est pas parvenue et nous travaillons avec les moyens du bord", affirme-t-il. Djahid Younsi, qui tentera de représenter la mouvance islamiste au cours de 40 meetings, ne dispose également que de "moyens limités", dit son entourage, qui insiste aussi sur l’importance du "travail de proximité". Enfin, le candidat Ali Fawzi Rebbaïne (Serment 54, nationaliste, moins de 1% des voix en 2004), qui se présente comme "le candidat des pauvres", tient souvent ses meetings dans des maisons de la culture ou dans des maisons des jeunes. En face, la direction de campagne de M. Bouteflika a prévu une vingtaine de déplacements du candidat dans le pays, mais les partis – dont les trois composant l’Alliance présidentielle au pouvoir – soutenant sa candidature organiseront quelque 8.000 réunions locales en faveur d’un troisième mandat. A Alger seule, près de 5.000 associations ou comités de quartier ont été chargés de convaincre les électeurs de se rendre aux urnes, l’abstention restant le principal adversaire des six candidats, selon la presse privée algérienne, unanime sur ce point. Dans toutes les villes étapes de son périple électoral, comme Batna (435 km sud-est d’Alger) où il a ouvert sa campagne, puis Bechar, ville du sud-ouest algérien et Tlemcen (Ouest) mais aussi dans la capitale, les rues sont pavoisées de son portrait parfois immenses portant son slogan "Pour une Algérie forte et sereine".
  •  Ennaharonline/ AFP

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