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Procès du meurtrier d'un juif yéménite

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  •    La minuscule salle du tribunal d’Amran (environ 50 km au nord de Sanaa), chef-lieu de la province du même nom, était pleine à craquer pour cette nouvelle audience, la dernière avant que le verdict soit rendu, le 2 mars.
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  •    Le procureur a requis la peine de mort contre Abdel Aziz Yahia al-Abdi, 39 ans, un ancien pilote de l’armée de l’Air accusé d’avoir tué de sang-froid par balles Masha Yaïche Nahari le 11 décembre à Raïda, à une dizaine de km d’Amran.
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  •    Ce meurtre a avivé les tensions dans cette région tribale, où une petite communauté juive d’environ 260 personnes vivait jusque là sans trop de problèmes en gardant un profil bas. Le nombre total des juifs dans l’emsemble du Yémen est estimé à quelque 400.
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  •    Portant l’uniforme bleu des prisonniers, l’accusé se tenait dans une petite pièce séparée de la salle d’audience par une grille, au milieu d’une dizaine d’autres détenus.
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  •    Durant toute l’audience, il n’a eu de cesse de proclamer haut et fort qu’il était sain d’esprit et de demander que la peine de mort lui soit appliquée conformément à la charia (loi islamique).
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  •    "Je ne suis pas fou", hurle-t-il, alors même que ses quatre avocats s’acharnent à essayer de démontrer qu’il n’est pas responsable de son acte en raison de son état mental.
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  •    Il avait tué sa femme il y a cinq ans, mais avait alors échappé à la prison en raison d’un état mental jugé perturbé.
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  •    "Je l’ai tué et j’étais sain d’esprit", lance-t-il au père et à la veuve de M. Nahari, assis au deuxième rang, à quelques mètres de lui.
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  •    Ce sont les deux seuls juifs présents dans la salle. Autour d’eux, plusieurs dizaines de membres de la tribu locale des Kharef, la plupart arborant à la ceinture le traditionnel "jambiya" (poignard à l’extrémité recourbée), ne perdent pas un mot des débats.
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  •    Beaucoup sont des parents de l’accusé venus lui apporter leur soutien et rient de bon coeur aux propos parfois incohérents de celui-ci. Même les policiers rient.
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  •    D’autres membres de la communauté juive avaient assisté aux deux premières audience, mais ont ensuite renoncé en raison de menaces proférées à leur encontre par des proches de l’accusé, a expliqué à l’AFP l’un des chefs de cette communauté, Yahya Yaïche.
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  •    Interrogé par l’AFP à la fin de l’audience sur les raisons l’ayant poussé à tuer M. Nahari, un père de neuf enfants qui enseignait l’hébreu dans l’une des deux écoles juives de Raïda, il a expliqué avoir averti les juifs yéménites qu’ils avaient le choix entre se convertir à l’islam, quitter le pays ou se faire tuer.
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  •    Selon le père de la victime, l’accusé a abordé son fils, qu’il ne connaissait pas, alors que M. Nahari se trouvait près de son domicile, pour le sommer de se convertir à l’islam.
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  •    M. Nahari lui ayant demandé de le laisser tranquille, il aurait ouvert le feu sur lui avec un pistolet-mitrailleur, le criblant de balles.
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  •    Le père de M. Nahari a dit à l’AFP qu’il exigeait la peine de mort, tout en admettant craindre des violences de la part des proches de l’accusé s’il est condamné à la peine capitale.
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  •    La communauté juive yéménite était forte de quelque 60.000 personnes lors de la création de l’Etat d’Israël, en 1948, mais 48.000 ont émigré vers l’Etat hébreu durant les trois années qui ont suivi.
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  • Ennaharonline/ AFP
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