En direct

PSA Peugeot Citroën: tournant historique avec une entrée chinoise au capital

L’État français et le chinois Dongfeng  devaient formaliser mardi leur entrée au capital du groupe automobile PSA  Peugeot Citroën, un tournant historique pour cette société dont le premier  actionnaire était jusqu’alors la famille Peugeot. Lors d’une réunion, le conseil de surveillance du premier constructeur  automobile français, touché de plein fouet par la crise, devait aussi évoquer  la prise de fonctions du portugais Carlos Tavares comme nouveau patron,  attendue fin mars. L’ex-numéro deux de Renault doit être nommé mercredi à la tête de la  branche automobile, tandis que le pdg sortant, Philippe Varin, se concentrera  sur le bouclage des négociations avec l’État et Dongfeng. Toutes ces mesures ont pour objectif de relancer le constructeur automobile  (90.000 salariés en France), qui a essuyé une perte nette historique de 5 milliards d’euros en 2012, victime de l’effondrement du marché automobile  européen. Il présentera mercredi ses résultats pour 2013. "Dans les ateliers, les gens disent qu’on va se faire bouffer par les  Chinois", confie Christian, 57 ans. Comme lui, de nombreux salariés interrogés  par l’AFP dans l’usine Peugeot de Sochaux (est) accueillent avec fatalité l’entrée de Dongfeng au capital du groupe français. Avec cette arrivée, ils  voient aussi planer l’ombre de futures délocalisations.  "Mais on n’a pas le choix, tous les constructeurs automobiles font appel à  des groupes étrangers. Si c’est pour sauver les meubles, c’est plutôt une bonne  chose", estime le même salarié. Les membres du conseil de surveillance sont appelés à valider un accord non  contraignant portant sur une augmentation de capital de 3 milliards d’euros à  laquelle prendront part les pouvoirs publics et Dongfeng, selon une source  proche du dossier. Ce protocole d’entente prévoit que chacun débourse 800  millions d’euros, en échange de 14% du capital du premier constructeur  automobile français. La famille Peugeot elle, verra sa part diluée de 25,4% à 14% et elle perdra  ses droits de vote double qui lui assurent actuellement 38,1% des droits de  vote. Le nombre de ses représentants au conseil de surveillance, aujourd’hui de  quatre, devrait être réduit à deux et Thierry Peugeot en perdrait la présidence.  Une clause prévoit aussi que les trois principaux actionnaires (les  Peugeot, l’État et Dongfeng, qui auront donc chacun 14% du groupe) ne puissent  pas augmenter leur niveau de participation pendant dix ans, avec pour objectif  principal de limiter l’influence de Dongfeng.  L’accord final doit être signé fin mars lors d’une visite du président  chinois Xi Jinping à Paris. Une assemblée générale extraordinaire est attendue  dans la foulée pour déclencher l’opération, selon la même source.     
    Dissensions familiales
L’organe de surveillance se penchera aussi sur la création d’une  coentreprise entre la filiale bancaire de PSA et la banque espagnole Santander.  Selon le quotidien économique Les Echos, l’opération permettrait au français de  récolter un milliard d’euros. Pour le ministre français chargé de l’industrie, Arnaud Montebourg,  l’entrée de l’Etat français au capital du groupe est une "décision de  patriotisme économique et industriel".  La fin de la suprématie dans le groupe de la dynastie Peugeot ne s’est pas  faite sans dissensions dans la famille. Le président du conseil de surveillance  de PSA, Thierry Peugeot, a ainsi reproché en janvier à son cousin Robert  Peugeot, président du holding familial FFP, de mener une "stratégie de  désengagement de Peugeot" et de se "désintéresser" du groupe.  Avant d’ouvrir son capital à deux autres actionnaires, le constructeur  automobile avait déjà pris toute une série de mesures pour réduire les coûts et  améliorer la rentabilité de ses usines. La mesure la plus emblématique a été la  fermeture de son usine d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, ainsi que la  suppression de plus de 11.200 postes en France.  Après l’échec de son rapprochement avec l’américain General Motors, il  compte sur Dongfeng pour accélérer son internationalisation. Les deux entités  possèdent déjà trois usines communes en Chine, réfléchissent à en construire  une quatrième et visent aussi le sud-est asiatique. PSA envisage aussi de se  doter d’une usine à la lisière de l’Europe de l’Ouest pour construire des  petites citadines.

commentaires

commentaires

Voir plus

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *