Le Billet

Remplacer le français par l’anglais : Du populisme à l’absurde 

Algérie – C’est annoncé en grande pompe. Tout fier, voire ému, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Tayeb Bouzid, annonce le remplacement du français par l’anglais dans les en-têtes des documents administratifs des universités.

Remplacer les en-têtes en français par des en-têtes en anglais, quel intérêt pourrait revêtir une telle décision si ce n’est le chevauchement vers le populisme ? Changer de langue dans les en-têtes n’est, visiblement, pas un acte à résonance pédagogique.

Il s’agit-là d’un premier pas vers la décapitation revendiquée du français comme première langue étrangère en Algérie et son remplacement, à coup de sondage improvisé sur Facebook, par une langue anglaise dont les Algériens ignorent, en grande majorité, les plus simples des rudiments.

Venant du membre d’un gouvernement en quête de légitimité, cette décision intervient dans un contexte où l’on tente de détourner le Hirak de ses vrais objectifs en l’orientant vers de faux débats, des polémiques anodines. Créer un contexte propice à la confusion, comme confondre la « haine » du colonialisme français avec le « rejet » de la langue française.

Or, l’on peut dénoncer le colonialisme français tout en étant francophone, voire même francophile. Cette langue a, n’en déplaise à certains, contribué à l’internationalisation de la cause algérienne durant la guerre de libération nationale. Elle a permis de convaincre les puissances mondiales, dans un français soutenu, de la légitimité de la Révolution algérienne contre un colonialisme sanguinaire.

En 1966, quatre ans après l’indépendance de l’Algérie, Kateb Yacine répondait stoïquement à ce débat qui préparait, à l’époque, un processus radical d’arabisation : « La francophonie est une machine politique néo-coloniale, qui ne fait que perpétuer notre aliénation, mais l’usage de la langue française ne signifie pas qu’on soit l’agent d’une puissance étrangère, et j’écris en français pour dire aux Français que je ne suis pas français ».

Aux lendemains de l’indépendance, ce même célèbre écrivain qualifiait la langue française de « butin de guerre ». Doit-on aujourd’hui rendre ce butin arraché sous la torture et le supplice ?

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7 Comments

  1. « Cette langue a, n’en déplaise à certains, contribué à l’internationalisation de la cause algérienne durant la guerre de libération nationale. Elle a permis de convaincre les puissances  »
    Cet argument n’est pas recevable ! À cette époque-là, le français était la langue majoritairement apprise et employée. Ils auraient appris l’anglais où ? Et les Algériens s’adressaient à des Français. Leur parler en anglais leur aurait fait une belle jambe ..

    Par contre, autant on peut comprendre l’agacement des Algériens actuels face à l’arrogance de la France officielle habituelle et à ces ingérences hautaines, autant la précipitation n’est bonne en rien.

    Rappelez-vous l’urgence dans laquelle la France avait mis l’Algérie quand du jour au lendemain elle avait interrompu l’envoi de coopérants. L’Algérie avait été contrainte de faire appel à une coopération proche orientale masdive, qui nous a menés là où vous devriez savoir.
    Mais … Apprenez donc l’anglais ! Les petits Anglais parlent mieux leur langue que les petits Français ne parlent la leur. Ça, c’est un argument (me semble-t-il ) recevable. Sans la moindre malveillance de ma part ; c’est juste un fait …

  2. nous ne voulons pas la coloniale sauvage des odieux criminels colonialistes français qui ont dévaster plus de 36 % de la population algérienne en en 132 ans d’occupation coloniale criminelle.
    nous refusons le francais, nous n’avons aucun lien avec cette france genocidaire des prédateurs francais.
    nous sommes pour les langues étrangères du savoir des pays sérieux très avancés comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’italie…. ect….
    l’anglais est une langue internationale, ou l’allemand.
    le francais la langue des perdants, il faut inhumé la langue coloniale odieuse criminelle dans ce caveau de la france avec Bigeard, massu, Cavaignac, Foccart, Aussares ou encore Lyautey …

  3. durant 132 ans d’occupation coloniale criminelle, l’administration fasciste française s’est toujours opposée a la scolarisation des petits indigènes, un chiffre en 1962, au moment la france coloniale quitte l’Algérie elle laisse 20% d’enfants scolarisés, toute la periode coloniale n’aura produit en tout et pour tout 1000 étudiants algeriens.
    ni l’Espagne, ni l’Angleterre, ni les états unis n’ont invente a leur territoire leur langue ou leur littérature, cette banlieue imaginaire.
    il faut se débarrasser de la langue francaise sauvage.

  4. bizarre de bizarre moi qui parlé lire et écrire la langue fransis, je n’aime pas ce pays, il y a certains bougnouls sans honneur qui aiment leurs maîtres français, aiment le vernis de colonisé.c’est honteux.
    douce France de mes c….

  5. A peunz l intention firlulee voila des chiattines qui se lettent a caqueter comme des poules prenant la defense d une langue dont l emploi est plus que rare sur la olanete..l anglais est une langue universelle et surtout une langue de travail..on voit tres mal un algerien negocier a new york ou en irlande dans la langue francaise..se ce fait on progresse mieux en milieu anglophone..et l anglais doit obligatoirement etre enseigne des l entree a l ecole..politiquement je ne vois aucun impact..culturzllement..il est immense..on voit la difference tout de suite..ou alorsrestons dans l arabe..pour declamer poemes etantar ibn cheddad..et bouffons des fayots..de toutes les manieres la france en algerie..c est fini..bel et bien fini.dommage pour les chiattines

  6. L’absurde serait de rester otage d’une langue qui pour le moins n’est plus souvent parlée à travers le monde.Le reste ,c’est de la démagogie populiste.

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