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Révélation – Scandale de détournement de fonds à l’OAIC

Algérie – C’est un scandale qui secoue l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), dont les importations de blé se chiffrent à coups de milliards.

Des cadres de l’OAIC, relevant du ministère de l’Agriculture, profitent de l’absence d’un contrôle financier strict au sein de l’Office pour gonfler leurs fiches de paie. C’est depuis l’unité de Rouiba que le scandale a retenti, où un responsable de l’Union des Coopératives de céréales de l’Algérois (UCCA) double son salaire grâce à une pratique aussi illégale qu’étonnante. Il s’agit de se faire payer pour des centaines d’heures supplémentaires par mois.

En effet, ALG24 a obtenu trois fiches de paie relatives aux mois de juillet, août et septembre derniers. Dans la fiche de paie du mois de juillet dernier, ce responsable a gagné plus de 10 millions de centimes (100 000 DA) en heures supplémentaires. Quoique cela paraisse irraisonnable, dans sa fiche de paie il est noté que ce salarié a accompli un total de 267 heures d’heures supplémentaires, dont 50 payées au taux de 50% (soit 301 DA l’heure) et 217 à 100% (soit 402 DA l’heure). Ainsi donc, il a empoché 15 079 DA pour la première et 87 260 DA pour la seconde.

Pour le mois d’août, le même responsable revendique 246 heures supplémentaires pour lesquelles sa paie a été augmentée de plus de 94 000 DA, pour atteindre un total de gains de 211 262 DA. Cependant, l’on remarque que ce fonctionnaire cumule plusieurs crédit, chose pour laquelle sa paie a été débitée de 101 702 DA.

Cette fraude aux heures supplémentaires se répète également dans la fiche de paie du mois de septembre, dans laquelle 257 heures sont réclamées. Divisés sur 30 jours, l’on comprend ainsi que ce responsable à l’OAIC revendique avoir accompli une moyenne de 8 heures supplémentaires par jour.

Aspect légal – Empochant déjà une prime de responsabilité, ce cadre de l’UCCA ne devrait pas bénéficier d’heures supplémentaires, puisqu’elles sont comprises dans sa prime. En outre, le Code algérien du travail limite les heures supplémentaires à 20% de la durée légale de travail.

« Le recours aux heures supplémentaires doit répondre à une nécessité absolue de service et revêtir un caractère exceptionnel. Dans ce cas, l’employeur peut requérir tout travailleur pour effectuer des heures supplémentaires au delà de la durée légale de travail sans que ces heures n’excèdent 20% de ladite durée légale, sous réserve des dispositions de l’article 26 ci-dessus », stipule l’Article 31 du Code du travail.

Selon nos informations, plusieurs cadres de cette entreprise recourent à de telles pratiques pour bénéficier, dans des conditions douteuses, d’heures supplémentaires illégales.

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