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Rwanda/ génocide : Verdict jeudi

  • Inculpés de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, les quatre accusés clament leur innocence. Le procureur du TPIR a requis contre eux la prison à vie, tandis que la défense réclame l’acquittement. Pour le parquet du TPIR, le colonel Bagosora, un Hutu de 68 ans et ex-directeur de cabinet au ministère de la Défense à l’époque du génocide, est le "cerveau" des massacres qui ont fait, selon l’ONU, environ 800.000 morts, parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés. Selon l’accusation, le colonel a en effet annoncé en 1993, en claquant la porte des négociations avec la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd’hui au pouvoir à Kigali), qu’il retournait dans son pays pour "préparer l’apocalypse", c’est-à-dire le génocide.  M. Bagosora, qui refuse de qualifier de génocide les événements de 1994, nie avoir jamais prononcé ces paroles. En outre, l’accusation estime que le colonel a "de facto" exercé le pouvoir à Kigali après l’attentat, le 6 avril 1994, contre l’avion du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, qui avait servi de déclencheur au génocide. Le procureur en chef du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, accuse le colonel d’avoir refusé d’associer le Premier ministre de l’époque, Agathe Uwilingiyimana, à la gestion de la crise consécutive à l’assassinat de M. Habyarimana. Mme Uwilingiyimana fut assassinée par des éléments de l’armée rwandaise le 7 avril 1994.  Pour M. Jallow, M. Bagosora est également "responsable" de l’assassinat le 7 avril 1994 de dix Casques bleus belges, dans le but, selon le procureur, de provoquer le retrait de la force de l’ONU afin de laisser le champ libre à la machine à tuer. S’adressant aux juges au dernier jour du procès le 1er juin 2007, le colonel Bagosora s’est dit de son côté victime de la propagande de l’actuel régime rwandais. "Je n’ai tué personne, ni donné aucun ordre de tuer à qui que ce soit (…). Vous seuls pouvez me réhabiliter dans la société", a clamé le colonel. Il avait été arrêté au Cameroun le 9 mars 1996 et transféré au centre de détention du TPIR en janvier 1997. Il attendra six ans pour voir son procès s’ouvrir le 2 avril 2002.   Dans sa déclaration liminaire, le procureur du TPIR de l’époque, la Suissesse Carla Del Ponte, avait classé M. Bagosora et ses trois co-accusés parmi "ceux qui se sont montrés particulièrement actifs dans la conception, la préparation ou la mise en oeuvre" de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. En avril 2005, l’avocat français de M. Bagosora, Me Raphaël Constant, avait dénoncé quant à lui "la justice du vainqueur sur le vaincu", en inaugurant une ligne de défense consistant en particulier à faire le procès de l’ex-rébellion du FPR.  Le TPIR, créé en 1994 et basé à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, est chargé de rechercher et juger les principaux responsables présumés du génocide de 1994.     AFP  

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