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Sahara occidental, passé colonial…Les aveux de Bernard Bajolet

S’il a été dur avec les autorités algériennes sur certains sujets, l’ancien ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet a reconnu les erreurs commises par son pays à l’égard de l’Algérie.

Dans une interview accordée à l’ hebdomadaire Jeune Afrique, Bernard Bajolet a ainsi admis que sur l’affaire du Sahara Occidental, la France se range toujours du côté du Maroc, en raison, selon lui, du danger que peut constituer ce dossier sur la stabilité du royaume chérifien. « Les Algériens nous reprochent de toujours défendre la position marocaine, que m’a d’ailleurs dit dès le départ le président Bouteflika, sans animosité aucune. Je ne pouvais pas lui donner totalement tort », a indiqué Bajolet. « Je lui ai répondu qu’il ne s’agissait pas d’un parti pris mais de la conviction, en France, que l’affaire du Sahara était plus vitale pour le Maroc, plus importante pour sa stabilité, que ce n’était le cas pour l’Algérie », a-t-il précisé.

Le diplomate révélera même qu’en 2006, un accord allait être trouvé entre le Maroc et le Polisario. Mais qu’à la dernière minute, le ministre marocain des Affaires étrangères avait tout saboté.

Evoquant le passé colonial, Bernard Bajolet a indiqué que la France, qui n’avait jamais donné de statut équitable aux Algériens, «n’a rien fait pour aider l’Algérie à décoller ». « Quand la France est partie, en 1962, il n’y avait plus d’État. Ceci est un énorme handicap qui continue, même cinquante ans plus tard, à produire des effets », admet-il tout en récusant l’idée de présenter des excuses.

Sur le présent, Bernard Bajolet explique qu’il ne parle qu’en son nom et qu’il  n’est « mandaté par personne ».

Nesma Aghiles

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