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Sahara occidental: Rabat confronté à une nouvelle forme de contestation

  •    Dressé à la mi-octobre à une quinzaine de kilomètres au sud de Laayoune, le campement de tentes démantelé lundi par les autorités marocaines a abrité jusqu’à 15.000 Sahraouis protestant contre la "détérioration" de leurs conditions de vie au Sahara occidental.
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  •    "Contrairement à l’affaire Aminatou Haidar, dont la contestation avait une dimension personnelle, il s’agit là d’un mouvement contestataire collectif, voire de masse", a déclaré à l’AFP Khadija Mohsen Finan, professeur à Sciences-Po et spécialiste de l’affaire du sahara occidental.
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  •    Le 16 novembre 2009, la militante sahraouie Aminatou Haidar, 42 ans, a été interpellée à son arrivée en avion à Laâyoune et refoulée aux Canaries. Selon les autorités marocaines, elle a refusé d’"accomplir les formalités habituelles de police et renié sa nationalité marocaine".
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  •    Une grève de la faim entamée le 18 novembre 2009 par la militante a contraint les autorités marocaines à renoncer un mois plus tard à la mesure de refoulement prise à son encontre.
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  •    La dimension sociale de la contestation a mise en avant au début aussi bien le Maroc que par le comité de "coordination" qui s’exprimait au nom des habitants du campement, mais la politisation du problème a finalement prédominé.
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  •    "Il s’agit d’une problématique d’ordre économique et social, qui a été instrumentalisée par des milieux qui travaillent selon un agenda sans rapport avec les revendications", a déclaré à l’AFP Khalid Naciri, ministre marocain de la Communication.
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  •    "Les pouvoirs publics, devant une situation déliquescente, ne pouvaient qu’intervenir pour rétablir l’ordre légal", a ajouté M. Naciri, qui est également porte-parole du gouvernement.
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  •    Le problème a "rapidement pris une dimension politique en raison de la désaffection que ressentent les jeunes sahraouis à l’égard des autorités marocaines", selon Elghalia Djimi, vice présidente de l’Association sahraouie des violations des droits de l’homme (ASVDH).    
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  •    Selon Khadija Mohsen Finan, "il est vrai que les revendications sont sociales, mais le fait même qu’elles émanent de ce territoire (le Sahara occidental) les rend politiques".
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  •    "Les activistes proches du Polisario ont joué un rôle important dans l’évolution de ce problème", a indiqué M. Mustapha Naïmi, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahraouies (CORCAS, nommé par le roi Mohammed VI en 2006).  
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  •    "Ceci dit, poursuit M. Naïmi, les conséquences sont éminemment politiques, surtout que l’assaut a été donné le jour même de la reprise des pourparlers avec le Polisario".
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  •    Des discussions entre le Polisario et le Maroc ont commencé près de New York lundi en dépit des heurts qui ont fait six morts côté marocain, selon Rabat, et onze morts parmi les contestataires, selon le Polisario.
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  •    "Je pense que la décision de donner l’assaut le jour même de la reprise des négociations traduit une volonté du Maroc de défier tout le monde, d’imposer sa position, de dire que l’Algérie et le Polisario ne nous impressionnent pas", a  conclu M. Naïmi.
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  •    Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc. Le Polisario, soutenu notamment par l’Algérie, réclame un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU, qui donnerait aux Sahraouis le choix entre trois options: indépendance, autonomie sous souveraineté marocaine ou rattachement au Maroc.
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  • Ennaharonline

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