En directAlgérie

Il se contredit… Quand Saâdani affirmait que c’est Bouteflika qui dirigeait le pays

Algérie – Dans un entretien accordé hier dimanche à TSA, Amar Saâdani, ancien secrétaire général du FLN, a affirmé que toutes les décisions douteuses durant le 4e mandat du président Bouteflika émanaient de « l’Etat profond ».

Pour étayer ses propos, Amar Saâdani a tiré à boulets rouges l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, l’accusant d’avoir géré les affaires courantes du pays durant les dernières années.

Comprendre : le président Bouteflika ne gérait plus rien, toutes les décisions ont été prises par cet « Etat profond » dont le représentant n’est autre qu’Ahmed Ouyahia. Avant d’être nommé à la tête du gouvernement, ce dernier était le directeur de cabinet du président.

Un président qui décide…plus

« Le Premier ministre a été également directeur de cabinet (à la Présidence de la République). Tout passait par lui. Aujourd’hui qu’il n’est plus là (Ahmed Ouyahia), avez-vous vu des décisions émaner de la Présidence de la République depuis ? Posez-vous la question. Toutes les décisions, qui ont suscité les doutes des citoyens, sortaient sur ordre de l’État profond et de son représentant à la Présidence de la République », a-t-il affirmé.

Fidèle à son ton offensif, l’ancien homme fort de l’ex-parti unique est allé jusqu’à réfuté l’authenticité de presque toutes les lettres adressées au peuple récemment au nom du président de la République. « La seule lettre dont je ne doute pas est celle du 11 mars 2019 où il a annoncé qu’il ne s’est pas présenté pour un cinquième mandat et qu’il n’avait pas l’intention de se porter candidat. Sa candidature est venue de l’État profond », a-t-il tranché.

A travers ses déclarations, l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale (APN, 2004 / 2007) semble avoir la mémoire courte, voire trop même. En 2015 lorsqu’il était en poste, le tonitruant Saâdani disait totalement l’inverse. Dans une déclaration à la presse, il n’a laissé en effet la moindre ombre de doute.

« Je voudrais répondre à toute personne qui se pose des questions au sujet des décisions émanant de la présidence de la République. Demandez aux étrangers avant les nationaux. Demandez à François Hollande (il venait tout juste d’effectuer une deuxième visite en Algérie) si c’est le président qui décide ou pas ! Demandez à Erdogan ! Demandez à toute personne qui a rencontré le président. On va vous renseigner sur l’état (de santé) du président (…) Par la suite, des personnes osent demander qui décide à la place du président », avait-il tancé à l’époque.

Une justice libre…pas tout à fait

Ce n’est pas la seule contradiction d’Amar Saâdani. Dans le même entretien, il a critiqué le travail de la justice qui, selon lui, est sujette à des « ordres ».

« J’ai insisté, c’est vrai, pour la construction de cet État civil. Parce que l’État actuel ne l’est pas. Un État où la justice obéit à des ordres ne peut pas être reconnu comme tel. Le Premier ministre a été également directeur de cabinet (à la Présidence de la République). Tout passait par lui. Aujourd’hui qu’il n’est plus là (Ahmed Ouyahia), avez-vous vu des décisions émaner de la Présidence de la République depuis ? Posez-vous la question. Toutes les décisions, qui ont suscité les doutes des citoyens, sortaient sur ordre de l’État profond et de son représentant à la Présidence de la République », a-t-il dénoncé.

Sur ce point précis, Amar Saâdani a fait une belle machine arrière. Lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Aurassi en 2015, il avait tout simplement affirmé que la justice dans notre pays était « libre ».

« Je ne commenterai aucune décision de justice, sinon je rejetterais les décisions de l’Etat civil. Les décisions que prend la justice sont libres. N’importe quel citoyen, qu’il soit général, directeur, ambassadeur, ministre ou bien secrétaire général d’un parti, est égal à son prochain dans ce pays », avait-il répondu.

Belkhadem l’ami intime

Enfin, l’ancien patron du FLN a proposé des noms dignes, d’après lui, de devenir président. Parmi ces noms figurent celui d’Abdelaziz Belkhadem, son prédécesseur.

« Oui. Le FLN peut présenter au moins trois candidats : Abdelaziz Belkhadem, Abdelmadjid Tebboune et Mouloud Hamrouche. Ils peuvent se présenter au nom du parti. Nous ne pouvons pas soutenir un candidat qui n’est pas militant du FLN », a-t-il suggéré.

Et de nuancer, « Pour les critères, Mouloud Hamrouche est le plus ancien, c’est lui qui a eu le plus de responsabilités et qui est fils de chahid. Il a toutes les caractéristiques pour être le prochain candidat du FLN ».

Là encore, il a oublié les critiques virulentes qu’il lui lançait durant ces dernières années. A un moment, Amar Saâdani a émis des doutes sur le parcours de l’homme…

Tags

Articles en lien

One Comment

  1. Quand vous réalisez que ce quidam à été troisième personnage de l’État algérien, vous avez la gorge nouée. Un sentiment de honte vous envahit. Le même sentiment quand vous voyez Bouteflika à la télévision. Vous espérez être ailleurs. N’avoir aucune relation avec la pénible scène qui se déroule. Trop. C’est trop. Il faut arrêter avec ce genre de personnage. Lui demander de nous parler de sa fortune mal acquise. Pas de Bouteflika. De sa carrière de drebki….est ce qu’il rêvait d’arriver à ce stade de réussite. Est ce qu’il va rendre l’argent du peuple.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close