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Série noire pour le système de santé français, longtemps cité en exemple

  •    En dix jours, en cette période de vacances de fin d’année, trois personnes dont un nourrisson et un enfant de trois ans sont décédées coup sur coup, soulevant l’émotion dans le pays.
  •    Un bébé de six mois, hospitalisé depuis le mois de septembre dans un hôpital de la région parisienne en attente d’une greffe d’intestin, a succombé vendredi à un surdosage de substitut alimentaire dans sa perfusion, à la suite d’une erreur d’une aide puéricultrice validée par une infirmière.
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  •    Une double enquête judiciaire a été ouverte et les parents de Louis-Joseph ont porté plainte pour non-assistance à personne en danger.
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  •    Le 24 décembre, Yliès, un garçon de trois ans est mort dans un hôpital parisien à la suite de l’administration par erreur de chlorure de magnésium. L’infirmière qui a réalisé l’acte a été mise en examen pour homicide involontaire.
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  •    Quatre jours plus tard, un patient de 57 ans victime d’une crise cardiaque était décédé, faute de n’avoir pu être accueilli pendant plusieurs heures dans un service de réanimation adapté. Son épouse a déposé plainte contre X pour "mise en péril de la vie d’autrui".
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  •    L’opposition socialiste et plusieurs syndicats de personnels ont immédiatement dénoncé le manque de moyens et un système de soins au bord de la rupture, à quelques semaines de l’examen au Parlement d’un projet de loi sur la réforme hospitalière.
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  •    Cette réforme, présentée en avril par le président Nicolas Sarkozy, vise à regrouper les hôpitaux en pôles géographiques, et à répartir ainsi les spécialités entre les différents établissements.
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  •    La CGT-santé, premier syndicat des hôpitaux, dénonce une "stratégie de casse idéologique" du public afin de permettre au secteur privé de "prendre encore des parts de marché".
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  •    "On atteint aujourd’hui la limite, on touche à la qualité de l’accueil et à la sécurité des patients", a affirmé Jean-Louis Vabernaud, président du syndicat national des pédiatres des établissements hospitaliers, dans une interview au Journal du Dimanche.
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  •    Les personnels sont "d’autant plus inquiets" que la future loi "doit entraîner 20.000 suppressions d’emplois supplémentaires", dénonce-t-il.
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  •    Même ton de l’association des médecins urgentistes qui tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois et a lancé une grève symbolique début décembre.
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  •    "75% des urgentistes sont en burn-out (épuisement professionnel), on en a ras-le-bol", a expliqué son président Patrick Pelloux, soulignant que les urgentistes sont invités à augmenter leur temps de travail de "48 à 60 heures par semaine" en raison des restrictions budgétaires et du manque d’effectifs.
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  •    Le gouvernement réfute tout manque de moyens et dénonce l’utilisation politicienne de cette série noire. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé pour mi-janvier une réunion avec les syndicats concernés et souligné que la France était "le pays qui dépense le plus pour son hôpital par habitant".
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  •    L’hôpital a "les moyens de fonctionner" mais "a besoin d’une meilleure organisation", a renchéri le ministre du Budget Eric Woerth.
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  •    Première du classement en 2006, la France est aujourd’hui 10e sur 31 pays européens, "juste au-dessus de la moyenne" à cause de nouvelles entraves à l’accès aux médecins spécialistes, selon l’Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé publié en novembre.
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  •    Dans six catégories comportant 34 indicateurs de performance, la France affiche un score de 695 points sur 1000, loin derrière les 839 points attribués aux Pays-Bas, premier du classement 2008. La Lettonie est dernière avec 449 points.
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  • Ennahar/ AFP

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