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Son siège est fermé depuis près d’une semaine, que se passe-t-il au quotidien Al-Fadjr ?

Algérie – Le titre risquerait de disparaître. Depuis le 31 janvier, le quotidien arabophone Al-Fadjr n’apparaît plus. Son siège principal, située dans la Maison de presse à Alger, est quant à lui cadenassé à cause d’un conflit qui oppose Hadda Hazem, la directrice du journal, à ses employés.

Ces derniers lui reprochent de les avoir congédiés sans préavis alors qu’elle doit jusqu’à dix-huit mois de salaires pour certains. Ils ont appelé, dans un communiqué, les autorités, à leur tête le président de la République et le ministre de la Communication, à « intervenir d’urgence pour restituer ce qui leur revient de droit ».

Sur sa page Facebook, Hadda Hazem a dénoncé un chantage, accusant trois journalistes du quotidien, qui recourent selon elle au « copier coller » dans leur publication, d’être derrière le communiqué. Pour elle, la crise financière que connait Al-Fadjr est due essentiellement à « une interdiction de publicité ».

Le version d’un journaliste du quotidien arabophone

Contacté, un journaliste du quotidien arabophone réfute cette version des faits. Il en donne une autre. « On a été renvoyés indirectement. On est venus un matin, on a trouvé que le siège était fermé », se désole-t-il.

D’après lui, ce sont 21 employés au total qui réclament les salaires impayés. Pour trouver une issue, ils ont mandaté trois de leurs collègues pour discuter avec Hadda Hazem.  « Elle a déclaré dans un média qu’un des collègues a voulu l’agresser. C’est faux ! Il y a eu une altercation banale », raconte-t-il.

A l’origine de ce conflit « professionnel », insiste-il, le non-paiement des salaires, mais aussi les conditions de travail. « On a été professionnels. On a continué à travailler », affirme le journaliste. Et d’ajouter, « Au mois de janvier, elle a dit qu’elle nous paierait dans un délai de dix jours après la vente d’un local à Sétif qui vaut, selon son estimation, deux millions de dinars ».

Le 31 janvier, soit avant l’écoulement du délai, Hadda Hazem a pris la décision d’arrêter la publication, assure-t-il. Après des tractations, à en croire la même source, elle a donné un nouveau délai.

« Le 5 février, on a trouvé que le siège cadenassé. A ce moment, on a entamé les procédures pour recouvrir nos droits », pointe-t-il.

Audience et pétition

Depuis, le groupe a saisi l’inspection du travail. Il a également saisi le ministère de la Communication via une pétition signée par les 21 rédacteurs. « On a demandé une audience au ministre. Il n’a pas encore répondu. Mais, on a une très grande confiance dans la tutelle pour qu’elle agisse », espère le groupe.

Selon le journaliste, le dialogue est rompu pour l’heure avec la fondatrice d’Al-Fadjr, affirmant qu’il est d’ordre professionnel. « On a rien de personnel contre elle », réaffirme-t-il.

En novembre 2017, Hadda Hazem avait entamé une grève de la faim pour dénoncer une privation de son journal de publicité par l’Anep. Ce à quoi Djamel Kaaouane, ministre de la Communication, a répondu chiffres à l’appui. Il avait, dans ce sens, indiqué que le quotidien arabophone aurait reçu 76 milliards de centimes en huit ans.

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