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Somalie: un chef de guerre consolide son contrôle d'un port-clé

Les combattants du chef de guerre  somalien Ahmed Madobe ont renforcé leur contrôle du port stratégique de Kismayo  (sud), théâtre ces derniers jours d’affrontements entre milices rivales, ont  affirmé des habitants lundi.    D’intenses combats avaient éclaté vendredi à Kismayo entre la milice Ras  Kamboni contrôlée par Madobe, qui s’est récemment auto-proclamé président de la  région, et celle de Iftin Hassan Basto, un autre chef de guerre qui lui aussi  revendique le contrôle de la zone, appelée le "Jubaland".    "La situation est calme maintenant et la plupart des parties de la ville  sont contrôlées par les hommes de Madobe," a affirmé Abdulahi Mire, un  habitant. Selon lui, les forces rivales ont été repoussées à l’extérieur de la  ville, mais "ne sont pas loin".    "Les choses rentrent dans l’ordre doucement, nous n’entendons plus de coups  de feu aujourd’hui (…) nous espérons que la situation va rester calme," a  renchéri un autre résident, Ahmed Moyale.    Plusieurs factions revendiquent le contrôle de Kismayo, un ancien bastion  des islamistes somaliens shebab où est désormais posté le contingent kényan de  la Force de l’Union africaine en Somalie (Amisom).    Les forces kényanes, entrées seules en Somalie fin 2011 avant d’intégrer  quelques mois plus tard l’Amisom, soutiennent Madobe. Le fragile gouvernement  somalien à Mogadiscio, que l’Amisom appuie, conteste en revanche l’autorité du  chef de guerre sur la région.    Le "Jubaland" se situe à l’extrême sud de la Somalie, précisément là où les  Kenyans ont lancé leurs troupes fin 2011 à la poursuite des shebab. La zone est  frontalière du Kenya, mais aussi de l’Ethiopie.    Comme d’autres régions de Somalie, son contrôle échappe largement aux  autorités de Mogadiscio.    La semaine dernière, les présidents somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, et  kényan, Uhuru Kenyatta, se sont rencontrés, pour notamment discuter du rôle de  Nairobi au "Jubaland", une région dotée d’une lucrative industrie du charbon de  bois et potentiellement d’hydrocarbures.    Le Kenya tente aussi de faire de la région une zone tampon pour protéger  ses frontières et son importante industrie du tourisme de l’instabilité qui  règne depuis plus de 20 ans en Somalie.    La Somalie est privée de réelle autorité centrale depuis la chute du  président Siad Barre en 1991. Depuis, le pays est livré aux milices, groupes  islamistes, pirates et autres chefs de guerre. 

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