Monde

Steinmeier s’inquiète de l’impact du mouvement anti-islam sur l’image de son pays

"On sous-estime, chez nous, les dégâts que les slogans et pancartes xénophobes et racistes de Pegida ont déjà causés", estime M. Steinmeier, à quelques heures du 13e rassemblement de Pegida à Dresde (est).

"Que nous le voulions ou non: le monde regarde l’Allemagne avec beaucoup d’attention, précisément sur ces questions", a insisté le chef de la diplomatie allemande, confiant être "sans cesse interpellé là-dessus".

Pour M. Steinmeier, "il est d’autant plus important que nous le disions, clairement et avec force: Pegida ne parle pas au nom de l’Allemagne". 

Sur l’attitude à adopter à l’égard du mouvement, il est resté sur la même  ligne que celle de la chancelière Angela Merkel, qui avait fustigé en début d’année le "coeur" rempli de "préjugés" et de "haine" des organisateurs tout en disant "comprendre" les marcheurs.

"Je parle avec les gens qui sont déçus, qui s’inquiètent et se sentent  négligés, comme le font beaucoup d’autres responsables politiques", a expliqué M. Steinmeier à Bild.

Mais il refuse de "parler avec leurs dirigeants autoproclamés", les accusant d’utiliser le thème des demandeurs d’asile pour "mobiliser" les foules "plus facilement qu’avec des sujets compliqués, comme le manque d’infrastructures ou le vieillissement de la population".

Pegida ("Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident") organise ce dimanche à 14H30 locales (13H30 GMT) son 13e rassemblement à Dresde depuis la naissance du mouvement, le 20 octobre dernier.

Cette manifestation sera la première depuis la mise en retrait mercredi soir du leader de Pegida, Lutz Bachmann, après la parution dans la presse d’une photo le montrant grimé en Adolf Hitler et la révélation de propos outranciers sur les réfugiés.

Le dernier rassemblement prévu à Dresde, lundi dernier, avait été annulé en raison d’une menace d’attentat visant précisément M. Bachmann. La précédente édition, le 12 janvier, avait rassemblé un record de 25.000 participants.

Pegida a essaimé dans toute l’Allemagne, avec la naissance d’avatars locaux comme Legida à Leipzig ou Bärgida à Berlin, mais Dresde demeure son berceau: partout ailleurs, le nombre de contre-manifestants dépasse largement celui des manifestants.

AFP

commentaires

commentaires

Voir plus

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *