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Syrie: sécurité renforcée à Alep, bombardement intermittent de Homs

 Les troupes syriennes ont été déployées en  force hier à Alep au lendemain d’attentats sanglants et ont bombardé par  intermittence la ville rebelle de Homs, le conflit en Syrie ne montrant aucun  signe de répit.    Les violences, qui ont fait 45 morts samedi en Syrie selon l’Observatoire  syrien des droits de l’Homme (OSDH), ont même débordé au Liban voisin où des  des heurts entre Libanais favorables et hostiles au régime du président syrien  Bachar al-Assad ont fait trois morts et 23 blessés à Tripoli, la grande ville  du nord du pays.    Face au blocage des efforts diplomatiques consécutif au veto russe et  chinois à l’ONU il y a une semaine, la Ligue arabe doit tenir une série de  réunions dimanche au Caire pour décider de la marche à suivre après l’échec de  ses précédentes tentatives pour régler la crise.    Elle pourrait annoncer la création d’un groupe des "amis de la Syrie" et  pour certains de ses membres la reconnaissance du Conseil national syrien  (CNS), principale coalition de l’opposition, selon des sources diplomatiques et  des opposants.    Au lendemain des attentats à la voiture piégée qui ont fait 28 morts et  plus de 200 blessés à Alep (nord), les forces de l’ordre se sont déployées en  masse dans les quartiers rebelles, a rapporté ‘Observatoire syrien des droits  de l’Homme (OSDH).    Selon un militant sur place, des blindés et des tireurs embusqués ont été  déployés dans Alep, poumon économique du pays relativement épargné par la  contestation contre M. Assad.    Les attentats qui ont visé les sièges des renseignements militaires et des  forces de l’ordre étaient les premiers à Alep depuis le début le 15 mars 2011  de la révolte populaire dont la répression a fait plus de 6.000 morts selon les  militants.    Le pouvoir, qui refuse de reconnaître l’ampleur de la contestation, a  imputé les attaques à des "gangs terroristes" soutenus par l’opposition, qu’il  accuse d’être derrière les violences dans le pays. Mais l’opposition a accusé  le régime de les avoir perpétrées "pour détourner l’attention" de sa répression  à Homs.    Selon les journaux du groupe de presse américain McClatchy, citant des  responsables américains ayant requis l’anonymat, la branche irakienne  d’Al-Qaïda est probablement derrière ces deux attentats. Selon ces quotidiens,  cela donnerait du crédit aux accusations du président Assad sur l’engagement  d’Al-Qaïda dans la révolte contre son régime.    A Homs, l’armée a poursuivi ses bombardements à l’artillerie lourde mais  avec une intensité moindre, selon le chef de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, en  précisant que 500 personnes au moins ont péri jusque-là dans l’offensive  militaire lancée contre Homs le 4 février.    "Le bilan samedi à Homs s’élève à au moins 14 morts civils, 9 dans le  quartier de Baba Amr, pilonné par les chars, et un par des tirs à un barrage  dans le quartier de Bab el-Sbaa", a-t-il ajouté.    Policiers et soldats se livrent à une campagne de "pillage à grande  échelle" dans le quartier d’Inchaat, où les chars ont pénétré vendredi et où  résident des familles aisées, a affirmé Hadi Abdallah, un militant de  l’opposition. Ils "pillent ordinateurs, télévisions, électroménager et même des  couvertures".    Dans le reste du pays, neuf civils ont été tués par les troupes dans la  région de Deraa (sud), de même que deux déserteurs et cinq soldats lors  d’affrontements, selon l’OSDH. Un militant a été abattu à Damas et un civil à  Idlib (nord).    Cinq civils sont en outre morts à Zabadani près de Damas, où l’armée a  aussi lancé une offensive pour étouffer la contestation, selon l’OSDH.    "L’armée a avancé dans Zabadani après la décision des déserteurs de se  retirer pour éviter les pertes humaines, après des jours de résistance féroce.  L’armée se trouve actuellement dans le quartier d’Al-Mahhata, à l’entrée de  Zabadani", a précisé M. Abdel Rahmane.    Des affrontements entre soldats et déserteurs ont en outre fait trois morts  parmi l’armée régulière à Douma, près de Damas, selon l’OSDH.    Et à Damas, le général de brigade et médecin Issa al-Khawli, "a été  assassiné devant sa maison par un groupe terroriste", selon les médias  officiels.    Une vidéo iffusée sur YouTube par les militants montre un blindé, sur  lequel sont collés deux portraits de Bachar al-Assad, qui tire dans tous les  sens à Douma. Une autre montre des manifestants défilant dans le quartier  al-Aassali à Damas en solidarité avec Homs et Zabadani, avec une pancarte sur  laquelle est écrit: "Nous ne nous agenouillerons que devant Dieu. Soit la  patrie, soit la mort", "Vive la Syrie, à bas Bachar al-Assad".    La violence s’est étendue au Liban faisant craindre un débordement de la  crise hors des frontières. A Tripoli, trois personnes dont une adolescente ont  péri lors des affrontements à la roquette entre habitants d’un quartier  alaouite pro-Assad et d’un autre sunnite anti-Assad, selon un responsable.    La Syrie, à majorité sunnite, est gouvernée depuis 40 ans par le clan  Assad, issu de la minorité alaouite. Le Liban, sous tutelle syrienne pendant  près de 30 ans, est un pays miné par les dissensions religieuses qui a connu  une guerre civile dévastatrice (1975-1990).    Enfin, les autorités syriennes ont demandé à la Libye et la Tunisie de  fermer leurs ambassades à Damas, sur la base de "réciprocité", les contacts de  Damas avec ces deux pays étant quasiment nuls.

 

  

Algérie- ennaharonline

 

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