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Tchad: procès de présumés complices de l’ex président Habré à N'Djamena

Le tribunal de N’Djamena, siégeant en session criminelle spéciale, a ouvert vendredi le procès pour "assassinats" et "tortures" de 29 complices présumés de l’ex-président Hissène Habré, renversé en 1990, inculpé de crimes contre l’humanité et détenu à Dakar.

Pour ce premier procès visant les crimes imputés à l’ex-président, dont certains remontent à bientôt trente ans, le principal accusé est Saleh Younous, un des anciens patrons de la sinistre et redoutée Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS, police politique).

"C’est un procès historique que les Tchadiens attendent depuis longtemps", a déclaré à l’ouverture solennelle de l’audience le procureur général de N’Djamena, Bruno Louapambé Mahouli.

Devant le public, dont des victimes, le magistrat a ajouté: "le procès sera équitable et juste pour permettre aux Tchadiens de comprendre que l’appareil judiciaire n’est pas une machine à répression".

La séance d’ouverture a eu lieu en l’absence des avocats. Le barreau de N’Djamena est en effet en grève pour exiger le paiement par l’Etat tchadien d’arriérés d’honoraires.

Les accusés – pour l’essentiel des anciens agents de la DDS – sont arrivés au palais, quadrillé par un impressionnant dispositif sécuritaire, à bord d’un fourgon de la gendarmerie sous forte escorte.

Signe de la terreur qu’inspirait la DDS dans les années 80, certains habitants de N’Djamena baissent toujours la voix en passant devant les anciens bâtiments de l’institution, pourtant dissoute.

    

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