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Tunisie: le paiement de salaires fait baisser la tension à Sidi Bouzid

 La tension était descendue d’un cran samedi à Sidi Bouzid où les ouvriers privés de salaires ont eu gain  de cause après les troubles qui ont secoué jeudi cette ville, berceau de la  révolution dans le centre-ouest tunisien, a constaté un correspondant de l’AFP.    Les travailleurs ont commencé à percevoir leurs salaires dès vendredi, les  autorités ayant fait parvenir d’urgence de l’argent liquide à Sidi Bouzid en  attendant de mettre en place un paiement par mandat postal électronique, ont  indiqué des responsables locaux.    Le gouvernement a de son côté annoncé que les indemnités des "ouvriers de  chantiers", destinées en fait à donner un moyen de subsistance aux plus  démunis, seraient réglées dans toute la Tunisie avant la fin de la semaine.    Samedi à Sidi Bouzid, des hommes et des femmes continuaient de faire la  queue devant les délégations (sous-préfectures) pour toucher une partie de  leurs impayés, le reste devant être perçu par mandat postal.    Privés de salaire depuis plusieurs semaines, ces ouvriers ont d’abord  Réclamé leur dû pacifiquement avant de protester violemment jeudi provoquant  des heurts avec les forces de l’ordre.    Soutenus par les habitants, ils ont mis à sac le local du parti islamiste  Ennahda qui dirige le gouvernement et tenté d’incendier le gouvernorat  (préfecture), à l’endroit même où Mohamed Bouazizi le vendeur ambulant s’était  immolé le 17 décembre 2010 pour protester contre la saisie de sa marchandise.    Son suicide avait déclenché un soulèvement populaire qui a conduit un mois  plus tard à la chute de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali.    Le montant alloué à Sidi Bouzid s’èlève à 2,4 millions de dinars (1,2  million d’euros) pour près de 12.000 personnes inscrites sur la liste dite des  "ouvriers de chantiers".    De 13.000 en 2010, le nombre de Tunisiens inscrits sur cette liste est  passé à 60.000, puis à 100.000 en 2012 pour un budget consacré de quelque 150  millions de dinars (75 millions d’euros).    Ce système d’emploi quasi-fictif est de plus en plus critiqué par les  experts.    "C’est un cancer laissé par le gouvernement précédent, certains en ont  besoin, d’autres en ont abusé", a expliqué à l’AFP Moncef Cheikhrouhou,  économiste et vice-président de la commission des finances de l’Assemblée  constituante.    Doublé par le gouvernement islamiste actuel, le salaire des ouvriers de  chantiers se situe à environ 230 dinars (115 euros) mensuel pour 30 jours de  travail comptés.
  
 
 
 

 Algerie – ennaharonline

 
 

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