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Tunisie: les trois ministres de l'UGTT se retirent du gouvernement

  •    "Nous nous retirons du gouvernement à l’appel de notre syndicat", a déclaré Houssine Dimassi qui avait été nommé la veille ministre de la Formation et de l’emploi.
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  •    L’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), puissante centrale syndicale tunisienne qui a joué un grand rôle dans les manifestations ayant provoqué la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, avait décidé mardi matin "de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement".
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  •    "Cela ne nous intéresse pas de faire partie d’un gouvernement qui ne donne pas suffisamment d’assurances au peuple tunisien quand à la volonté de s’acheminer vers une transition démocratique réelle", a expliqué à l’AFP Abdeljelil Bédoui, qui avait été nommé ministre auprès du Premier ministre.
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  •    Le troisième ministre démissionnaire est Anouar Ben Gueddour (secrétaire d’Etat auprès du ministre du Transport et de l’équipement).
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  •    De nombreuses critiques s’élèvent mardi en Tunisie pour dénoncer la présence de nombreux membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui occupent tous les postes clés: Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Finances, notamment.
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  •    "Le RCD est une composante du pays, on ne peut pas l’exclure du gouvernement, cela n’a pas de sens, mais elle doit avoir une place proportionnelle à son poids", a jugé M. Dimassi.
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  •    "Les représentants de l’UGTT et de l’opposition ont été chargés de portefeuilles difficiles (Emploi, Santé, Enseignement supérieur…). Le but est de montrer leur incapacité à résoudre les problèmes du pays", craint-il.
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  •    Le chef de l’UGTT, Abelsalam Jerad, a expliqué avoir demandé lundi au Premier ministre Mohammed Ghannouchi de reporter l’annonce du gouvernement pour permettre des consultations avec les autres forces politiques.
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  •    "Mais il a refusé et nous n’acceptons pas cette précipitation", a-t-il affirmé.
  •    M. Jerad a reproché au gouvernement de compter parmi ses membres "des barons de l’ancien régime qui avaient participé à la répression et à un système de dictature". "Nous voulons un gouvernement qui réponde à nos aspirations et nous allons continuer, avec le peuple et les travailleurs à le réclamer", a-t-il souligné.
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  •    Dans un communiqué, l’UGTT a aussi demandé le gel immédiat et la saisie des comptes et des propriétés de l’ancien président et de sa famille.
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  •    Pendant les 23 ans de règne sans partage de M. Ben Ali, la direction de l’UGTT a souvent affiché une attitude relativement conciliante à l’égard du pouvoir. Cette centrale est traversée par divers courants, allant du parti de M. Ben Ali (RCD) à l’opposition radicale à l’ancienne dictature.
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  • Ennaharonline

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