Monde

Turquie: Heurts entre police et manifestants pour le 1er mai à Istanbul

Des heurts se sont produits mercredi entre la police anti-émeutes et des dizaines de manifestants à l’occasion du 1er mai à Istanbul où les autorités ont interdit tout rassemblement en raison de travaux de rénovation en cours sur une place emblématique, a rapporté un journaliste de l’AFP. Dès le petit matin, les unités anti-émeutes de la police sont entrées en action en faisant usage de canons à eau et de grenades lacrymogènes pour empêcher les regroupements dans le quartier de Besiktas, a 2 km de la place de Taksim. Les manifestants, quelques centaines de personnes, réunies a l’appel de partis de gauche et de syndicats, ont riposté par des jets de pierre. "Mort au fascisme", "longue vie au 1er mai", ont scandé les manifestants. Des échauffourées ont été signalés dans trois quartiers menant à Taksim vers lesquels les routes ont été fermées et barricadées pour empêcher les manifestants d’y accéder. De nombreux riverains et passants ont été incommodés par les gaz. Les petits restaurateurs du quartier ont offert des quartiers de citron auxmanifestants, le jus de citron apaisant les effets des gaz lacrymogènes. Les bureaux stambouliotes du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, situés dans le quartier de Besiktas, étaient barricadés et défendus par plusieurs dizaines de policiers soutenus par un blindé anti-meute. Un groupe d’une trentaine de féministes, agitant leurs drapeaux violets et scandant "tous ensemble contre le fascisme", a été repoussé par la police à coups de grenades lacrymogènes qui ont fait suffoquer les manifestantes. Des milliers de policiers ont été mobilisés pour cette journée. En revanche, la Fête du travail a été célébrée sans incident dans au moins deux autres places de la mégapole turque, ont rapporté les chaînes de télévision. Le gouvernement turc a décidé d’interdire le rendez-vous du 1er mai sur la place de Taksim, jugeant que le chantier engagé en novembre dernier pour en détourner la circulation automobile empêchait d’assurer la sécurité des dizaines de milliers de manifestants attendus. La centrale syndicale des ouvriers Disk (gauche) a toutefois décidé de passer outre. La police est aussi intervenue mercredi près des bureaux de ce syndicat situés aux abords de Taksim contre les manifestants, utilisant encore une fois des grenades lacrymogènes. Des députés du principal parti d’opposition (CHP, social-démocrate) qui étaient sur les lieux ont dû se protéger dans des immeubles avoisinants. "C’est une répression inacceptable contre les travailleurs", a déclaré aux journalistes le vice-président de cette formation, Gürsel Tekin, dénonçant l’agissement des "mentalités fascistes", en référence au gouvernement islamo-conservateur. Le 1er mai 1977, des inconnus avaient ouvert le feu lors du rassemblement du 1er mai, provoquant la panique parmi la foule et la mort de 34 personnes. Le Parlement turc a rétabli le 1er mai comme jour férié en 2009. Le gouvernement a toutefois autorisé pour mercredi le dépôt d’une gerbe à la mémoire des victimes de 1977, ainsi que la lecture d’une déclaration. 

commentaires

commentaires

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Le contenu est protégé !!