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Turquie: Le chef des rebelles kurdes approuve les manifestations

Le chef emprisonné des rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a approuvé  vendredi les manifestations antigouvernementales qui secouent la Turquie depuis  huit jours, en dépit de ses négociations de paix en cours avec les autorités  turques.    "Je trouve le mouvement de résistance plein de sens et je le salue", a  déclaré M. Öcalan, dans un message lu par le vice-président du Parti pour la  paix et la démocratie (BDP, pro-kurde), au retour d’une visite sur l’île-prison  d’Imrali (nord-ouest), où le chef rebelle purge une peine de prison à vie.    Il a en revanche appelé dans ce message les manifestants, qui réclament la  démission du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, à se  prémunir contre toute éventuelle récupération par des mouvements nationalistes  turcs, a rapporté la chaîne d’information CNN-Türk sur son site Internet.    "Personne ne doit se laisser utiliser par les milieux nationalistes et  putschistes", a-t-il conseillé aux manifestants, les encourageant au contraire  à s’ouvrir aux forces "démocratiques, révolutionnaires patriotiques et  progressistes de Turquie".    Concernant le processus de paix en cours depuis plusieurs mois en Turquie  entre le PKK et Ankara, M. Öcalan a estimé qu’il s’était à ce stade "acquitté  de ses responsabilités et au-delà".    "J’espère que le gouvernement fera ce qui lui incombe avec le même sérieux.  Ceux qui croient en ce moment qu’ils peuvent m’utiliser et me berner se  trompent", a-t-il prévenu.    Malgré l’échec de plusieurs tentatives précédentes, le gouvernement turc a  repris à la fin 2012 des discussions avec M. Öcalan pour tenter de mettre un  terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40.000 morts depuis le début de  l’insurrection du PKK en 1984.    Les combattants du PKK ont commencé le 8 mai à se retirer du sol turc pour  rallier leurs bases du nord du Kurdistan irakien, un mois et demi après l’appel  historique de M. Öcalan à se retirer.    En échange de son retrait, le PKK a exigé des réformes en faveur des Kurdes  de Turquie, qui réclament la reconnaissance de droits spécifiques, notamment le  droit à l’éducation en langue kurde, pour leur communauté de 12 à 15 millions  de membres, ainsi qu’une forme d’autonomie régionale

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