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Un rapport explosif sur la torture de la CIA va être publié par le Sénat

Par crainte de représailles, des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place autour des installations diplomatiques et des bases militaires américaines à l’approche de la publication du résumé, expurgé des informations les plus sensibles, de ce rapport parlementaire attendu depuis des mois.

Barack Obama s’est entretenu par téléphone avec la Première ministre polonaise, Ewa Kopacz. Les deux dirigeants espèrent que la déclassification du rapport n’aura "pas d’impact négatif sur les relations entre la Pologne et les Etats-Unis", selon un compte-rendu de Varsovie.

Le rapport doit en effet revenir, sans nommer de pays, sur les prisons secrètes créées par la CIA dans plusieurs pays étrangers pour y interroger certains détenus. La Pologne, qui nie, a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour sa "complicité" dans les tortures subies sur son territoire par un Palestinien et un Saoudien.

Fruit de plus de trois ans d’enquête (2009-2012), le rapport de la commission du Renseignement du Sénat américain vise à faire la lumière sur le programme créé en secret par la CIA pour interroger des détenus soupçonnés de liens avec Al-Qaïda, notamment par la simulation de noyade ou la privation de sommeil.

"Le président pense qu’il est important qu’il soit publié pour que les gens aux Etats-Unis et à travers le monde comprennent exactement ce qui s’est passé", a expliqué Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama, qui a mis fin à ce programme à son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2009.

Tout en reconnaissant qu’il n’existait pas de "bon moment" pour publier un tel document, M. Earnest a jugé que cela était indispensable pour s’assurer que "cela ne se reproduise jamais".

Steve Warren, porte-parole du Pentagone, a indiqué que les centres de commandement régionaux avaient reçu l’ordre de "prendre les mesures de protection adéquates".

Le rapport d’enquête confidentiel a été approuvé par la commission du renseignement du Sénat en décembre 2012 et ses membres ont voté en avril pour rendre public un résumé d’environ 500 pages. Depuis, la commission négociait avec la Maison Blanche sur l’ampleur des informations à expurger.

Interrogée sur l’objectif de cette procédure, Dianne Feinstein, présidente démocrate de la commission, a jugé qu’il était salutaire pour "une société juste qui s’appuie sur le droit". Elle doit prononcer un discours au Sénat mardi matin.

    

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