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Une conférence à Londres pour s'attaquer aux multiples fléaux de la Somalie

 Les participants à la conférence sur la  Somalie conviée jeudi à Londres louent les récents progrès enregistrés dans le  pays, mais leur optimisme est sérieusement tempéré par l’énormité des fléaux à  terrasser: guerre civile, piraterie, insurgés affiliés à Al-Qaïda et famine.    Le chef de la diplomatie britannique William Hague a résumé ainsi l’ampleur  du défi: "La Somalie a été l’un des pires Etats de non-droit au monde ces 20  dernières années, et le théâtre d’une des pires catastrophes humanitaires l’an  dernier, qui a vu mourir de faim jusqu’à 100.000 personnes".    "C’est une base potentielle pour le terrorisme, pour les activités de  pirates (…) mais aujourd’hui, il existe une fenêtre d’opportunités parce que  les choses se sont un petit peu améliorées", a-t-il confié dimanche à la BBC.    Au nombre des relatives améliorations figurent les revers militaires des  insurgés islamistes shebab. Délogés de Mogadiscio il y a six mois, ils  apparaissent affaiblis par les offensives de la force de l’Union africaine en  Somalie (Amisom), l’armée kényane dans le sud et les Ethiopiens dans l’ouest.    La flottille internationale mobilisée dans le détroit d’Aden et l’océan  Indien a enregistré l’an dernier une légère réduction du nombre des attaques  contre les navires de commerce, un succès pondéré par le montant record des  rançons versées.    Enfin au plan politique, les responsables somaliens ont entériné samedi à  Garowe (nord) les structures de base destinées à remplacer d’ici août le  gouvernement de transition (TFG) soutenu par les Occidentaux, impuissants  jusqu’ici à rétablir la paix.    Cet énième accord associe les régions sécessionnistes du Puntland et du  Galmudug au sein d’un système fédéral. Il prévoit la désignation d’une  assemblée constituante, avec une chambre basse de 225 membres "patriotes et  honnêtes" et une chambre haute de 54 membres, issus des différents clans et  régions.    La communauté internationale examinera à Londres les moyens d’aider à ce  que cet accord soit appliqué "de manière complète et rapide", a commenté le  secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.    Lui-même sera présent jeudi en compagnie de représentants d’une quarantaine  de gouvernements dont ceux de la région, de la secrétaire d’Etat américaine  Hillary Clinton et d’institutions dont l’Union africaine (UA), l’Union  européenne et la Ligue arabe.    L’Ouganda, premier contributeur à l’Amisom, espère un soutien à sa demande  d’augmenter de 9.700 à 17.000 les effectifs de cette force.    Londres, qui envisage une résolution dans ce sens à l’ONU, et nombre de  contributeurs de l’UE exigent en contrepartie des garanties quant au sérieux du  processus politique. Ils souhaitent aussi "la contribution d’autres pays pour  régler la facture", comme l’a suggéré Jerry Rawlings, l’envoyé spécial de l’UA  pour la Somalie. Un appel du pied notamment aux pays du Golfe.    La mobilisation est d’autant plus nécessaire que les shebab représentent  "une menace internationale", a insisté un haut diplomate britannique.    "La défaite du terrorisme dans la région est un objectif national très  important pour le Royaume-Uni", avait dit William Hague début février,  justifiant l’investissement britannique dans le dossier.    Le pays qui s’apprête à accueillir les jeux Olympiques de 2012 serait  d’autant plus vulnérable qu’il accueille une forte diaspora somalienne, et une  cinquantaine de Britanniques figurent au nombre des combattants étrangers  entraînés dans les camps somaliens, selon l’institut londonien de recherches  Rusi.    Au plan financier, le Foreign Office s’est gardé de présenter la conférence  comme une réunion de donateurs, se contentant de mentionner la création de  fonds de coordination. Là où le Premier ministre somalien Abdiweli Mohamed Ali  réclame "un plan Marshall", en référence à l’aide massive américaine à l’Europe  dévastée par la Seconde Guerre mondiale.    Une réunion de suivi est d’ores et déjà prévue en juin, à Istanbul.

 

 

Algérie- ennaharonline  

 

 

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