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Venezuela : pourquoi Nicolas Maduro accuse la Colombie de vouloir l’assassiner

 Le président vénézuélien a accusé la Colombie d’être “derrière” ce qu’il qualifie d’un attentat commis contre lui, le 4 août, à Caracas. Une accusation qui vient envenimer un peu plus les relations historiquement tendues entre les deux voisins.

Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, en est certain, “le nom du président colombien Juan Manuel Santos est derrière l’attentat”, dont il dit avoir été la cible, samedi 4 août, à Caracas.

Alors qu’un obscur groupe rebelle a revendiqué l’action, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, il a pointé, presque sans surprise, un doigt accusateur vers Bogota. Sans tarder, le gouvernement colombien a répliqué en dénonçant des accusations absurdes et sans fondement.

Deux pays voisins, deux idéologies antagonistes

Les deux pays voisins, gouvernés par deux idéologies antagonistes, le socialo-chavisme au Venezuela et le capitalisme en Colombie, dirigés par des présidents de droite, entretiennent des rapports exécrables depuis près d’une décennie. Réelu en 2018, le successeur d’Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, accuse régulièrement le président colombien d’être “à la solde de l’impérialisme américain”.  Ce dernier cédera d’ailleurs la place à son successeur Ivan Duque le 7 août, bien plus à droite sur l’échiquier politique local.

“Au-delà de la rivalité personnelle entre Nicolás Maduro et Juan Manuel Santos, qui s’invectivent fréquemment, les deux voisins entretiennent des relations historiquement tendues depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999, . Quand Bogota accuse son voisin d’abriter des guérilleros colombiens, Caracas réplique en dénonçant l’envoi de paramilitaires colombiens sur son sol. Et régulièrement, les crises diplomatiques entre les deux pays atteignent des sommets, au point de déboucher sur la fermeture de la frontière qui les séparent”.

“Pour expliquer cette tension, il existe en plus un facteur aggravant aux yeux du pouvoir vénézuélien, qui perçoit Juan Manuel Santos, ancien ministre de la Défense, comme un chef de guerre : l’alliance entre Bogota et WaChington qui fait de la Colombie le grand allié des Américains dans la région”, poursuit la correspondante.

Depuis plus d’un an, la Colombie affirme avoir accueilli plus d’un million de réfugiés vénézuéliens fuyant une situation politico-économique exsangue, et des opposants de Nicolás Maduro, dont la plus célèbre d’entre eux, la dissidente Luisa Ortega, ex-procureure générale du Venezuela. De son côté, le président vénézuélien affirme le contraire : près 1,2 million de Colombiens ont fui “la pauvreté, la misère et la guerre en Colombie, pendant le mandat de Juan Manuel Santos”, vers son pays.

Source: AFP

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