Santé & Bien-être

La viande de bœuf pourrait présenter un danger mortel à cause de superbactéries

Les superbactéries, capables de provoquer des épidémies, pourraient avoir pour source la viande provenant des fermes qui utilisent des antibiotiques, indique The Scientific Reports sur la base d’une étude qui a été réalisée par l’Université du Caire et qui met en garde contre le danger réel de voir tous les antibiotiques perdre leur efficacité.

La première source de superbactéries, qui sont capables de résister aux antibiotiques et de provoquer des épidémies parmi les hommes, pourrait être à l’avenir la viande, avant tout celle de bœuf, provenant d’animaux élevés dans des fermes ayant recours aux antibiotiques, ont fait savoir des biologistes dans un article publié par The Scientific Reports.

«La présence de bacilles capables de produire des entérotoxines présentes dans nombre d’échantillons de viande de bœuf et de volaille en Égypte prouve que ces microbes pourraient constituer une sérieuse menace pour la santé. Un emploi prolongé d’antibiotiques pourrait rendre ces bactéries capables de transmettre cette capacité à d’autres microbes, plus dangereux encore », précisent Kamelia Osman et ses collègues de l’Université du Caire.

Les scientifiques détectent de plus en plus de bactéries à très grand risque capables de provoquer des infections mortelles. En outre, il existe un danger réel de voir tous les antibiotiques perdre en efficacité.

Selon les chercheurs, les principales sources de ces microbes sont les fermes d’élevage où les antibiotiques ont large cours pour accélérer la croissance du bétail. Ces établissements renferment un grand nombre d’éventuels vecteurs d’infections, de bactéries et d’antibiotiques qui empêchent les bactéries «normales» de lutter contre les supermicrobes, pourtant moins prolifiques.

Kamelia Osman a rappelé dans ce contexte que le monde a connu dernièrement plusieurs scandales relatifs à l’importation ou à la production de viande contenant de grandes quantités de microbes pathogènes.

Dans le cadre de leur expérience, les scientifiques sont allés acheter 250 morceaux de viande de bœuf et de volaille locale et importée dans un marché du Caire pour les étudier. Il s’est avéré que la moitié contenait des bacilles dont un tiers des spores ou des cellules de Bacillus cereus responsable notamment de toxi-infections caractérisées par des symptômes diarrhéiques. Le problème est que ce bacille, à la différence d’autres, est très difficile à détruire, étant donné que ses spores supportent une température de 100 degrés. D’autres morceaux de viande contenaient de la toxine CytK, l’un des «gaz toxiques» de Bacillus cereus.

Plus de la moitié de ces microbes étaient résistants à la pénicilline et à d’autres antibiotiques largement utilisés aujourd’hui dans les fermes et les cliniques. Toutefois, les «antibiotiques de la dernière chance», la vancomycine et le chloramphénicol, arrivent encore pour le moment à détruire tous ces bacilles: seuls 3% de ces derniers ont réussi à élaborer un mécanisme d’immunité contre ces médicaments.

Toutefois, les versions les plus dangereuses de tous ces microbes risquent de faire leur apparition ces prochaines années si les antibiotiques continuent d’être employés toujours en grandes quantités et si les fermes ne respectent pas les normes sanitaires élémentaires, avertissent les scientifiques.

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