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Violence contre les femmes: Quand une caméra cachée devient un délit pour le CNDH

Dans un pays où les droits de l’homme sont bafoués, méprisés, abhorrés, l’action du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), fraîchement installé, était tant attendue. Cependant et à la grosse déception, le CNDH s’est fendu d’un premier communiqué digne d’un adolescent boutonneux en pleine puberté.

Le Conseil national des Droits de l’homme a déterré aujourd’hui un sujet déjà rabâché, usé, mâché et remâché par une partie de la société ; celui des programmes de télévision « incitant à la violence contre les femmes ».
Le programme pointé par le CNDH est connu de tous, celui de la caméra cachée diffusée par Ennahar TV « Machi Marti » (Ce n’est pas ma femme). A lire le communiqué, l’on comprendrait, si nous ne vivions pas en Algérie, que la violence contre les femmes serait un fait rare, voir isolé. Or, l’on sait tous que ce phénomène est omniprésent dans la société.

Le CNDH banalise sa mission
Le Conseil national des droits de l’homme a évoqué dans son communiqué une « banalisation » de la violence contre la femme, cependant, ce communiqué-même n’est-il pas une banalisation de la mission confiée à ce Conseil ? Explications.
En deux semaines et dans le même quartier d’Alger, Bab El-Oued, une femme a été attaquée à la hache par son ex-mari devant l’école de leur fille, lui portant plusieurs coups. L’assaillant a été relâché car la victime a été contrainte d’abandonner les poursuites. Quelques jours plus tards, un homme a égorgé, toujours à Bab El-Oued, son ex-épouse.L’on rappelle encore que dans le même contexte, un ancien ministre a ouvert le feu sur son épouse la blessant à l’épaule, mais ce dernier n’a jamais été écroué puisque sa victime a abandonné les poursuites.
Tous ces faits de violences réels, vécus, qui endeuillent des familles, compromettant l’avenir de plusieurs enfants n’a nullement poussé le CNDH à réagir, alors qu’il n’a pas fallu plus qu’une caméra cachée, où une journaliste tentait une expérience sociale sur la nature violente de l’Algérien, pour que le fameux Conseil réagisse en sollicitant les autorités judiciaires.

Le CNDH crache au ciel
Au lieu de servir d’indice, voir de support, pour des études sur la violence contre les femmes en Algérie et sa banalisation par la société (puisqu’aucune personne n’a réagi pendant que la journaliste se faisait violenter), le Conseil national des droits de l’homme a opté pour la politique de l’Autruche.
En effet, la caméra cachée dénoncée par le CNDH n’est qu’une preuve incontestable de l’ampleur de la violence faite aux femmes en Algérie, ce qui pointe le rôle de ce conseil même qui, au lieu de condamner la violence, condamne ce qui dévoile la violence. Le CNDH a ainsi « craché au ciel et il lui a retombé sur le visage ».

 

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