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Violences au Yémen, Saleh sous pression pour se démettre

  •    Depuis lundi, des heurts entre partisans du chef de l’Etat, qui règne depuis 32 ans, et des opposants ont secoué les villes de Taëz, Hodeïda et Sanaa où des milliers de protestataires réclament depuis des semaines la fin du régime.
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  •    A Sanaa, des heurts entre partisans et adversaires du président Saleh ont fait mardi au moins cinq tués, dont deux militaires ralliés aux contestataires.
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  •    La veille, 17 personnes avaient été tuées à Taëz, au sud de Sanaa, et deux à Hodeïda, sur la mer Rouge.
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  •    Les démonstrations contre le régime ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans ces villes et les forces de l’ordre ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes qui ont intoxiqué des centaines de manifestants.
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  •    Face à cette flambée de violence, l’opposition s’est dite prête à entamer des négociations sous les auspices de l’Arabie saoudite, le géant pétrolier voisin, pour organiser le départ du président Saleh, comme l’ont proposé les pays arabes du Golfe.
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  •    "Nous acceptons l’invitation et nous annonçons que nous participerons, mais seulement pour discuter d’un transfert de pouvoir", a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’opposition Mohammed Qahtan, joint au téléphone.
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  •    Dans la nuit de dimanche à lundi, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG), réuni à Ryad, lors d’une réunion extraordinaire, avait proposé sa médiation entre l’opposition et le pouvoir.
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  •    "Les pays du CCG ont convenu de mener des contacts avec le gouvernement et l’opposition yéménite" pour proposer "des idées" qui permettraient de débloquer la situation, selon le communiqué final.
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  •    Les pays du CCG – qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar et le Koweït – sont extrêmement inquiets face à l’instabilité au Yémen, parent pauvre de la péninsule arabique.
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  •    Le président Saleh, abandonné par une partie de l’armée et des chefs tribaux et religieux, a mis en garde contre le risque de chaos au Yémen s’il était contraint à partir.
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  •    Il a affirmé qu’il était prêt à céder le pouvoir mais dans le cadre d’un processus constitutionnel ordonné. L’opposition exige de son côté son départ  immédiat.
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  •    Les troubles au Yémen alimentent également l’inquiétude des Etats-Unis qui considèrent les émules d’Oussama ben Laden dans ce pays comme la menace la plus grave contre leur sécurité.
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  •    Selon la presse américaine, l’administration de Barak Obama a conclu que le maintien au pouvoir de M. Saleh, considéré pendant longtemps comme un allié dans la guerre contre le terrorisme, devenait un handicap.
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  •    Lundi, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a exprimé l’inquiétude de Washington "de voir Al-Qaïda et d’autres groupes essayer de profiter d’un vide politique en cette période de violences".
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  •    "C’est l’une des raisons pour lesquelles nous plaidons pour le dialogue et le lancement du calendrier de transition dont le président Saleh a parlé", a-t-il ajouté.
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  •    Le New York Times a assuré de son côté que non seulement Washington avait retiré son soutien au président Saleh, mais que les tensions au Yémen paralysaient les efforts de lutte contre Al-Qaïda.
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  •    Dans son édition mise en ligne mardi, le journal cite ainsi des sources du contre-terrorisme américain, assurant que "les opérations anti-terroristes sont paralysées" et qu’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique y opère plus librement et organise de "possibles attaques" contre l’Europe et les Etats-Unis.
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  • Ennaharonline

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