Monde

WikiLeaks: Julian Assange, entre transparence et zones d'ombre

  •    Figure emblématique du site spécialisé dans les fuites de documents confidentiels, cet Australien de 39 ans, jusqu’alors inconnu, a subitement accédé l’an dernier à la réputation internationale, en faisant trembler jusqu’au Pentagone.
  •  
  •    "Nous voulons trois choses : libérer la presse, révéler les abus et sauvegarder les documents qui font l’Histoire", avait-il expliqué en août 2010 à l’AFP.
  •  
  •    Il perce les secrets les mieux gardés mais il reste un homme énigmatique. Il refusait même récemment de donner la date exacte de sa naissance, avant qu’elle soit révélée par Interpol : 3 juillet 1971. 
  •  
  •    Né dans le nord-est de l’Australie, Julian Assange passe une enfance nomade qui lui vaut de fréquenter 37 écoles. Adolescent, il se découvre un talent de pirate informatique, ce qui lui vaut une mise à l’amende par la police.
  •  
  •    Le hacker repenti devient conseiller en sécurité, entrepreneur, consultant en technologie, chercheur en journalisme… avant de fonder WikiLeaks fin 2006 avec "une dizaine de personnes venant du milieu des droits de l’homme, des médias et de la haute technologie".
  •  
  •    Le site commence à publier ces "fuites" ("Leaks" en anglais) en 2007 mais M. Assange n’accède à la notoriété internationale qu’en 2010, avec la publication de documents classés de l’armée américaine sur l’Afghanistan et l’Irak, puis 250.000 télégrammes diplomatiques américains qui mettront en émoi l’ensemble du monde diplomatique.
  •  
  •    A la tête de WikiLeaks, Assange mène une vie digne d’un roman d’espionnage, sautant de pays en pays, logeant chez des partisans ou des amis d’amis, refusant de dire d’où il vient et où il va, changeant ses nombreux téléphones dont il délivre les numéros au compte-gouttes.
  •  
  •    Grand, mince, le sourire ironique, il pèse chaque mot d’une voix lente et monocorde, parfois difficilement audible. 
  •  
  •    Les ennuis personnels commencent quand deux jeunes femmes l’accusent d’agression sexuelle lors d’un passage en Suède à l’été 2010. Un mandat d’arrêt international est lancé en novembre et, après des semaines de traque, Assange se livre à Londres à la police et est arrêté le 7 décembre. Il est libéré une dizaine de jours plus tard mais est placé en résidence surveillée dans un manoir à 200 km au nord-est de Londres, appartenant à un partisan.
  •  
  •    Lors des nombreuses comparutions devant la justice britannique, il n’a de cesse de dénoncer la main de Washington qui se cacherait derrière la demande d’extradition de la Suède. On veut me transférer dans la prison de Guantanamo voire même me condamner à mort, accuse-t-il.
  •  
  •    Plusieurs hauts responsables le soutiennent dans ce combat, à l’instar du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, mais les critiques se multiplient sur son "irresponsabilité", ses détracteurs accusant les fuites de mettre en danger des vies humaines.
  •  
  •    Les remous viennent aussi des alliés de WikiLeaks. Un porte-parole allemand de l’organisation, Daniel Domscheit-Berg, claque la porte en septembre dernier, dénonçant "l’autoritarisme" d’Assange.
  •  
  •    Et les relations se tendent avec certains des médias partenaires de WikiLeaks : des journalistes du Guardian britannique publient un livre non exempt de critiques, tout comme le rédacteur en chef du New York Times, Bill Keller. 
  •  
  •    "J’en suis venu à voir Julian Assange comme un homme qui peut faire à la fois figure de héros ou de méchant", écrit-il.
  •    
  • Ennaharonline

Articles en lien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Le contenu est protégé !!