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Yémen: la prix Nobel Tawakkol Karman s'engage dans le processus politique

  Dans sa tente faiblement éclairée de la  "place du Changement" à Sanaa, Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix, trace  déjà les grandes lignes du Yémen de demain: un Etat moderne, reconnaissant la  primauté du droit et l’égalité des citoyens.    Cette pasionaria de 32 ans a aujourd’hui tempéré son discours incendiaire:  elle ne réclame plus la traduction en justice du président Ali Abdallah Saleh,  et soutient l’élection du vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui va le  remplacer à la tête du Yémen.    "Nous appuyons l’élection de Hadi pour une période intérimaire de deux ans  au cours de laquelle nous devrons bâtir le Yémen", déclare-t-elle, appelant les  "Jeunes de la révolution" à voter mardi pour le vice-président et à s’impliquer  dans les différentes étapes de la période de transition.    En vertu d’un accord que le président contesté a signé en novembre après  dix mois de manifestations contre son régime et sous la pression  internationale, le vice-président sera l’unique candidat à l’élection de mardi.    Dès que M. Hadi sera élu, "nous commencerons à élaborer les lois qui nous  permettront de parvenir à un Etat moderne", explique Mme Karman, assise sur des coussins dans sa tente entre deux de ses enfants, une fille et un garçon de  huit et sept ans.    En premier lieu, il faudra adopter une "loi pour la justice de transition",  inspirée entre autres de la Commission vérité et réconciliation en Afrique du  sud, pour faire la lumière sur les crimes du passé et en vertu de laquelle "les  victimes auront droit à des compensations", explique-t-elle, en ajustant son  écharpe rose à fleurs.  Ensuite, il faudra "élaborer une Constitution qui garantit des droits égaux  pour les citoyens, la primauté du droit (…) et qui reconnaît le principe de ‘alternance du pouvoir", avant d’organiser des élections législatives et  présidentielle dans deux ans, ajoute Mme Karman.  Interrogée sur les droits des femmes dans cette future Constitution, la  militante, membre du parti islamiste al-Islah, se contente de répondre que les  hommes et les femmes devront être égaux en droits.    Sans préciser quel rôle politique elle envisage de jouer, elle dit  encourager aujourd’hui les groupes de jeunes contestataires à former un  organisme unifié pour participer au dialogue national qui doit bientôt  commencer.

   

 

Algérie- ennaharonline 

 

 

 

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