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Yémen: le président Saleh en route vers les Etats-Unis, via le Royaume-Uni

   Le président Saleh, dont le départ d’Oman vers les Etats-Unis avait été  
annoncé par erreur cette semaine, a quitté le sultanat pour le Royaume-Uni où  
son avion a atterri à l’aéroport de Stansted, tout près de Londres, a déclaré  
le ministère yéménite de la Défense sur son site internet.  

   L’information a été confirmée par le ministère britannique des Affaires  
étrangères.

   "Nous pouvons confirmer que l’avion du président Saleh devait atterrir à un  
aéroport commercial le samedi 28 janvier pour se ravitailler en carburant avant  
de faire route pour les Etats-Unis. (…) Ni le président ou quiconque de son  
parti ne doivent entrer au Royaume-Uni", a déclaré à l’AFP un porte-parole du  
Foreign Office.

   Une source britannique s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a indiqué  
que le vol de M. Saleh devait quitter l’aéroport de Stansted à 15H00 GMT et  
faire route vers New York.

   M. Saleh, contesté par la rue depuis un an, avait été blessé dans une  
attaque contre son palais à Sanaa en juin et avait été hospitalisé en Arabie  
saoudite jusqu’en septembre.

   Il avait signé en novembre à Ryad un accord sur le transfert du pouvoir, en  
vertu duquel il demeure président à titre honorifique jusqu’à la présidentielle  
au 21 février.

   Le 21 janvier, le Parlement avait voté une loi lui accordant l’immunité et  
entérinant la candidature unique du vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi à la  
présidentielle.

   Dans un discours d’adieu avant de quitter le pays, le président Saleh avait  
demandé pardon à ses compatriotes pour "tout manquement" pendant ses 33 ans de  
pouvoir.

   Mais beaucoup de jeunes yéménites jugent inacceptable qu’il puisse  
bénéficier d’une immunité alors que la répression de la révolte a fait des  
centaines de morts.

   Le département d’Etat américain –qui n’a jamais souhaité donner de  
précision sur la date du séjour de M. Saleh ou le lieu où il devait résider–  
avait précisé mardi que lors de sa visite aux Etats-Unis, il bénéficierait "des  
privilèges et de l’immunité accordés à tout chef d’Etat, jusqu’à ce qu’un  
nouveau président yéménite soit élu le 21 février".

   L’ambassadeur américain au Yémen Gerald Feirestein avait déclaré de son  
côté le même jour que la durée du séjour de M. Saleh, pour lequel Washington a  
accordé un visa d’entrée pour des soins, serait déterminée par ses médecins.  
"Je ne pense pas qu’il cherche l’asile politique", avait-il ajouté.

   Le Yémen, l’un des pays les plus pauvres au monde, est en butte à d’énormes  
difficultés économiques, outre un courant sécessionniste dans le sud, une  
rébellion chiite dans le nord et un regain d’activités armées d’Al-Qaïda.

 

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